Intermède textile… # 10

Alors que déjà s’étiolent les voiles de l’été, voici, ô lectorat, un aperçu de mes tenues du printemps dernier, inhabituellement sec et chaud. Comme d’habitude, tout ou presque fut acheté de seconde-main (brocantes et charity shops), de la jupe en soie au gilet en cachemire, en passant par le pantalon rayé en lin et les bottines en cuir. Last spring was surprisingly summery and so were my second-hand clothes… starting with these oh-so-comfy and wrinkle-free linen trousers. I bought them in a charity shop the day before flying to Algeria and have been channeling my inner-Obelix ever since ; – )

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Talking about purchasing stuff, Guillaume Carnino writes that “First, advertising formats all consciences to desire, think and even perceive the world similarly. Then, to cure this loss of individuality, it offers “remedies” that accentuate the massification and thus the desire for individuality”. In short, “The more I consume, the more I become like anyone else and the more I feel the need to consume (ever newer, trendier and hyper things) in order to differentiate myself”. Et parce que penser à se saper, c’est bien, mais que penser tout court, ça n’mange pas d’pain, voici, sans transition ni plus attendre, un extrait récemment lu et apprécié de Divertir pour dominer – la culture de masse contre les peuples, aux Éditions l’Échappée :

Tout d’abord, la publicité formate toutes les consciences à désirer, penser et même percevoir le monde de façon similaire. Ensuite, face à cette perte d’individualité, elle propose des « remèdes » qui accentuent au contraire la massification, donc l’envie d’individualité. En gros, lorsqu’une marque de chaussures vante la vie sportive et extrême comme si elle était l’apanage d’une « élite », elle va générer une masse d’attentes et de symboles identiques chez toute une partie de la population, qui se dirigera vers ses produits, afin justement de se distinguer : la pub rend tout le monde identique, et elle le fait en faisant croire que la consommation est le lieu de la distinction avec les autres. C’est la toute la puissance de ce cercle vicieux : plus je consomme, plus je suis identique et plus je dois consommer (toujours plus nouveau, toujours plus « à la mode », toujours plus « hype ») pour justement me différencier des autres.

Le contrôle par la consommation, Guillaume CARNINO

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L’idée n’est pas neuve, je vous l’accorde, mais elle a ici le mérite d’être clairement formulée, non ? Après, pour se distinguer consomme-t-on, là-dessus varient les opinions mais ne sont-ils guère inquiétants, ne vous ont-ils jamais troublés, ces intérieurs « tellement moi » qui, lestés de mappemondes (check !), de faux trophées animaliers (check, check !) et de guirlandes lumineuses, parés de cloches en verre et de cadres en grappes, finissent curieusement par se ressembler ? Les images encadrées peuvent bien varier, refléter ou non l’imaginaire de leurs propriétaires, leur accumulation verticale n’est-elle pas une mode qui, pour le profane, rend ces murs empesés tous semblables ? Un peu, beaucoup, souvent, parfois… Oserais-je vous demander ce que vous en pensez ? That’s something I’ve thought about a lot lately: how, for instance, many interiors tend to look somehow similar despite/thanks to their owners’ sustained efforts to express their personality through them. Maps, globes and glass globes, fairy lights, faux animal heads and gallery walls, anyone?

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My point is, this whole “expressing oneself through one’s purchases” trend seems rather tricky, doesn’t it? Pour ma part, j’en conclus prudemment que consommer pour s’exprimer est une entreprise risquée et vous dit à la revoyure pour, bientôt, de nouvelles aventures !

PS : Avis aux amateurs de bédés, La page blanche, avec Boulet au scénario et Pénélope Bagieu au dessin, parle ci et là aussi de ça.

Jeanne’s in!

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Cadre et carpette

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Sors, ô Thor, ou j’te f’rai un sort!

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Les crimes et autres malveillances me semblent aujourd’hui contre-productifs et épuisants. Quant aux prétendues bonnes actions, je crois qu’elles cachent vanités et erreurs. Nous avons la vue courte, nous, bipèdes. Croyez-moi, il faut être inutile.

Les poupées de Jérusalem, Joann SFAR

Après la sueur, la fureur et les insolations, la région liégeoise vous présente honteusement… les mini-tornades. Voilà, voilà. Ah, et sinon, entre autres nouvelles, j’ai goûté des œufs d’oie sur une brocante, mis le pied en terre baltique, été royalement bananée par un crétin d’client et dessiné mes grands-parents. Une fortune en dents de scie, en somme. Long time no see, uh? It’s just that, well, after the heath came a wannabe client, a stillborn project, a Baltic trip, another project and… a tornado. In short, I was busy living.  

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Preview réservée aux happy vraiment très few, aka vous, lecteurs et lectrices de ce blog “petit mais courageux”, comme dirait ma grand-mère en causant d’son jardin:

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Signé : Dauphine, qui n’ose plus vous dire à bientôt (mais le pense). “See you soon” I dare not write, but I’ll do my best, as often ; – )

Fenêtre d’un jour d’été

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Aujourd’hui, la notion idéologique de classe moyenne domine la société. Son objectif est de convaincre la majeure partie de la population qu’elle participe d’une grande famille. Les valeurs de cet égotisme sacralisé et célébré au sein de cette idéologie sont mises en scène dans le culte maniaque de l’hygiène et de la sécurité, l’exaltation de la valeur travail, au sein de laquelle la fonction se confond avec l’existence, et, naturellement, la propriété privée comme sanctuaire de la marchandise.

Propos de Jean-Luc DEBRY recueillis par Cédric BIAGINI in Divertir pour dominer – la culture de masse contre les peuples, Éditions L’Échappée, 2010.

Ce matin, mon appart’ avait, je vous l’avoue, de faux-airs de sanctuaire ; – ) À ce propos… Vous ai-je déjà parlé de mon picturesque appart’ non isolé où les hivers sont bien trop froids pour moi et les étés bien trop chauds pour mon PC ? En ces jours de juillet, Il m’est ainsi difficile d’alimenter ce blog régulièrement, mais j’espère vous revenir bientôt avec une simplissime recette de soupe au citron, un intermède textile et… de nouvelles images, pardi ! Hello dear readers, how’s July met your expectations so far? On this side of the screen, the heath’s once more threatening my laptop and my productivity but fear not (aha, as if), I’ll be back soon with a delicious lemon-soup recipe, a textile interlude and… new drawings, of course!  

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Je profite de mon passage ici pour vous conseiller ma lecture du moment, les hypnotisantes Ghost stories de M. R. James, que vous connaissez peut-être aussi comme l’éditeur des nouvelles gothiques de Joseph Sheridan Le Fanu. Pour citer Sir John Betjeman : ‘If you like a well-told story redolent of the England of horse carriages and branch railway lines; if old churches and old houses delight you; if evil things, with hairy arms and talons alarm you; if you believe in haunting horror, or if you do not, buy this book’. Thanks to a recent visit in Robert’s Books, a second-hand English bookshop in Riga, I finally got my hands on M. R. James’ mesmerizing Ghost Stories and haven’t put this gem of a book down since then. Have you read it?

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 Adieu, adieu, adieu! And… remember me?