Tennis sur toison

Ophelia, he thought? But there were two opinions to that, just as there were two opinions about Norma. Was Ophelia mad or was she pretending madness?

Agatha CHRISTIE – Third Girl

L’été dernier m’est née l’envie de dessiner l’tennis des années ’20. Phryne Fisher dans « Game, Set & Murder », ce blanc, ce vert, ce glam’ : jus, j’eu soudain envie de légèreté… et de citron pressé. Après tout, c’était l’été.

Le temps a passé, il m’a manqué, tu m’as manqué, mais l’envie, elle, est restée. Ce matin fut fignolée, finie, la première image de la série. L’idée de départ est celle-ci : si un citron en passe d’être pressé remplaçait la traditionnelle balle jaune en l’jeu, ne serait-ce pas rafraichissant ?

Mais le citron pressé aussi a un revers, un envers, un inverse. Ne dit-on pas pressée comme un citron ? Et là, par ultra libre association d’idées, vous avez : burn-out, dépression, noyade et saut d’un pont. Ophélia.

Ma joueuse est-elle une Ophélia ?

Mettons. Mais là où l’héroïne shakespearienne mourrait d’amour et d’son amère désillusion, la mienne est une alchimiste qui a su d’sa sueur, d’ses pleurs, d’son amertume, faire de la citronnade. Ce qui, vous en conviendrez, n’est pas d’l’amer à boire.

Positivons ; – )

PS : Ceci écrit, je sors de ma bulle et découvre qu’Ophélia est aussi le nom de baptême d’une tempête frappant l’Irlande aujourd’hui. Bad timing.

Jacques a dit Kitsch

Plus je bosse et moins j’publie : si je n’lavais déjà perdu, pour sûr, j’en perdrais mon latin… ou pas. Des projets avortés et d’autres sur lesquels il m’faut secret garder, des brouillons attendant trop sagement leur mise au propre et des images… d’plus en plus chronophages : c’est un début d’explication.

Ce dessin de cintre est un détail tiré de Préface, portrait fraichement achevé, portrait par moi brossé de l’excentrique marquise Luisa Casati. Ce cintre, je l’avais pensé simple, en bois clair, à la semblance de ceux choisis pour servir ma penderie. Mais quelque chose clochait, m’insatisfaisait même. Résultat : je me suis acharnée et, de retouches en rajouts, mon cintre s’est mis à ressembler fort, très, trait pour trait, aux cintres crochetés que j’admirais enfant chez mon arrière-mère-grand.

Cela sans que je l’aie voulu.

Le fait est que certains objets ont le don d’impacter notre imaginaire. Pourquoi eux, c’est fort mystérieux. L’plus amusant étant que, comme l’écrit Beaton, « [c]e sont bien souvent (…) des influences d’une valeur artistique contestable [qui agissent le plus sur notre goût] » (Cecil BEATON, Cinquante ans d’élégances et d’art de vivre).

J’assume.

Grave ; – )

Barrée de chez barrée

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Though this be madness, yet there is method in’t.

SHAKESPEARE, Hamlet

Chers amis hier, j’ai zoné, c’est-à-dire qu’à La Zone, sur textile un motif j’ai imprimé. Joie de découvrir l’existence d’un tel endroit à deux pas de chez soi, un lieu où apprendre et se faire la main pour quasi rien. Vive l’Atelier Séri-Z et grand, grand merci, Alain !

Le motif en question fut intégralement conçu par combinaison de flèches et de points d’interrogation. Il cause héritage culturel : recherche, départ, dualité. Le nez collé dessus, on y trouve des cœurs, des dollars, des euros, des rails, un gouvernail et des serrures anciennes, les fantômes de nos passés et une allusion à Bolivar Simon. Vus d’un peu plus loin, à vue de nez disons, il y a en ces traits l’évocation de traditions artistiques venues d’un peu partout, réunies par l’hasard de mes goûts : de l’aztèque, du celtique, du bogolan et de la russe dentelle, bien autrement plus belle que celle de Bruxelles. Hasards, rencontres et métissages, de la culture ce sont les clés… les clés… les clés des serrures du dessin ?

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Vues de plus loin encore, les rayures évoquent la Bretagne et la vogue de son héritage culturel, le papier-peint classique de l’appartement bourgeois, les rayures de ma chambre d’enfance et… les barreaux d’une prison. Heureusement qu’on a trouvé les clés, hé !

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Retour à nos moutons. L’impression fut coton et le résultat accuse de nombreuses approximations mais globalement, c’est plutôt bon et si tout va bien, mon rideau bientôt ira s’lover dans un gros lingot doré. La Vitrine est le nom du projet, projet mis sur pied par l’a.s.b.l. bruxelloise Mangoo Pickle, projet auquel j’aurai, en septembre, la chance de participer. Plus d’infos sur  http://www.mangoopickle.be/ ou sur la page Facebook de l’évènement.

À vitement : – )

Toi toi mon Soi

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Autrement dit le banal renvoie surtout à ce qui nous lasse, le quotidien nous fatigue et ce sentiment nous menace lorsque nous observons la mise de nos congénères : tous vêtus, peu ou prou, de la même façon, quand l’offre et la diversité vestimentaires semblent n’avoir jamais été aussi importantes. Pouvoir changer de vêtement facilement et souvent, banalisant le fait de se vêtir comme les vêtements eux-mêmes, conduirait-il à une forme de désenchantement ?

Odile BLANC, Vivre habillé

Incroyable mais vrai j’ai, si, si !, ici publié, eh ! Le fait est qu’ayant conçu l’idée de revamper ce mien espace, je peine à l’alimenter tel qu’il est : laid. Mais enfin, une collaboration, cela se fête, d’où l’exception faite à ma flemme. Soi par moi, cela valait bien ça et Soi par moi, cela se passe là: http://inside.soi-paris.com/le-fuel-par-dauphine-raisin/.

Leurs beaux motifs m’ont Momo motivée à bosser, à mettre même les bouchées doubles et, ayant reçu carte blanche, l’chat maux s’est amusé (notez qu’à terme, il aimerait y entrer) (au musée) (c’est l’interview, ça lui donne des idées). Bref, la flamme est ravivée et lui, l’est quasi opé.

M’reste à remercier Soi,

Puis à t’saluer Toi,

Là : – )

Mère. Poule. Art.

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Enfin du n’œuf sur le blog.

Ces temps derniers, j’ai pourtant bien bossé et si cette image fut longue à pondre, c’est que l’un de mes outils m’a lâchée en cours d’elle. Piqure de rappel reçue à point nommé, l’rappel de ne jamais, au grand jamais placer tous ses œufs peints dans le même panier. L’tout sans s’éparpiller, c’n’est point gagné mais le défi est relevé.

Mère poule, mère pour l’art, mère poule art. L’image est simple et ses teintes pastel charmantes mais sa légèreté, elle, n’est qu’apparente. Désirer un poussin et sacrifier ses œufs pour l’signifier, l’idée m’a d’abord séduite par son absurdité.

Mais absurde, l’est-ce à mille pourcents?

Il arrive si souvent que dans la vie, l’on se sabote sans oser s’l’avouer. Fausses bonnes idées, barreaux imaginaires, franchement, y’a d’quoi faire. Il arrive aussi la pensée magique, l’espoir du fantastique, Pygmalion et sa statue, le Pinocchio de Geppetto et de Théophile l’Omphale qui se refusait à faire tapisserie et qui tant de nuits, prit vie. Il arrive enfin qu’l’on ait envie d’vider son sac et que l’oreille compatissante ait grand besoin qu’on lui fasse un dessin.

Absurde, oui, certainement, mais du fond du puits je vous demande ceci : s’fait-on jamais d’Hamlet sans casser deux… ou même m’aime trois œufs ? Mère Poulard, eh !

L’image est simple mais brouillée de symboles, de détails et de clés : avez-vous bien noté les papillons dans l’ventre et les larmes à l’envers, le phare et les cafards grimés en scarabées pour conjurer la chance ? Et le masque, ce masque qui peut tout renverser, l’avez-vous remarqué ? Est-ce un masque de fécondité là pour appeler ou le masque d’mère poule que j’ai vu m’élever, étonnant masque social, splendidement porté ?

Afficher ou masquer, à quoi joue ce masque, en vérité ?

Je vous laisse trancher ; – )