Le temps de créer -2-

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Les roues brillantes de son équipage tournaient sur le pavé pour la conduire à sa prochaine visite. Leur son était parfois assourdi par d’épais tapis de paille : c’était la coutume alors d’en répandre dans les rues devant la porte d’un malade ou d’un mourant.

Cecil BEATON, Cinquante ans d’élégances et d’art de vivre

A contrario, l’idée parfois surgit in-extremis. Ainsi, après avoir passé une pleine nuit à créer des motifs pour un papier peint et une dentelle de mariée morte, j’ai, à l’aube, remplacé ce fatras par des nuages, un soleil, an umbrella.

L’évidence, enfin, était là.

Ah!

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Le temps de créer -1-

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“One goes out, the other stays at home. One’s the genius, the other’s the bourgeois, and it’s only the bourgeois whom we personally know. He talks, he circulates, he’s awfully popular, he flirts with you-”

The private life, Henry JAMES

Ce mai dernier, j’ai délaissé, sur un coup de tête, une image éternellement en passe d’être achevée pour passer quelques jours, mes premiers, sur l’île de beauté. Pauser était une bonne idée puisqu’au retour, j’ai compris enfin ce qui lui manquait et dans la forme, et dans l’idée. C’est qu’entre-temps, mes pas m’avaient menée au pied des statues-menhir de l’elle, statues de guerriers, de guerriers ennemis, d’ennemis vainqueurs dont mon imaginaire s’est nourri.

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Digestion faite, les restes furent accommodés à ma sauce, c’est-à-dire que les épées furent remplacées par des ciseaux. Victoire de la croix sur l’ours-roi sonnant, des légendes anciennes, le glas. Ma boucle était bouclée.

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Comme quoi, rouler sa bosse au lieu d’bosser peut être plus pro qu’il n’y parait.
Bonne journée,
D

Alors, je prendrai…

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… départ du gâteau, s’il-vous-plait bien, et puis, cerise sur icelui, une expo collective au BRONKS ce samedi (Close Up #5). Thème, le voyage, sous-thème, le départ… au tombeau, vous diraient mes images.

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Je t’ai aimé, souviens-t’en ; quand tu seras par trop las, quand vraiment tu n’en pourras plus, tu n’auras qu’à te pencher sur la mer et à m’appeler : je serai toujours là car je suis partout, et ta soif de sommeil sera comblée.

Le professeur et la sirène, Giuseppe Tomasi Di LAMPEDUSA

Pourquoi est-ce à ce départ-là que j’ai pensé ? Tout ce que j’en sais, c’est que mon grand-père, libéré, délivré d’Alzheimer il y a deux étés, avait grand peur de la mise en terre. Je sais aussi que son départ est venu bien tard et que lui est mort seul en unité de psychogériatrie. Terrifié, probablement.

Pourquoi est-ce à ce départ-là… ? Parce que, comme la sirène au professeur, je lui devais, je crois, la mer ; la mer et l’image des fleurs dont jamais encore je n’ai garni sa tombe.

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Voici ma dette réglée et l’ambiance… plombée ?
Que non, crénom !
Je n’ai juste pas noyé l’poisson ; – )

Merci à Audrey et  Mangoo Pickle pour l’invitation et la tip-topissime organisation : – )

Bout du tunnel…

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…en vue et annoncé pour la fin de ce juin.

D’ici-là porte-toi, portons-nous, portez-vous bien : – )

Rope

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J’ai connu à Londres un Anglais qui faisait collection des cordes de pendus. Il avait voyagé dans une portion du globe et dans l’autre ; il avait des correspondants ; par lui et par ses correspondants, il s’était mis en relation avec les bourreaux des quatre parties du monde. Aussitôt un homme pendu en Europe, en Asie, en Afrique ou en Amérique, l’exécuteur coupait un bout de la corde, et envoyait cela avec un brevet d’authenticité à notre collectionneur, lequel en échange lui retournait le prix de son envoi ;

Alexandre DUMAS, Les mariages du père Olifus

Voici rare, si rare fait, un bout d’dessin inachevé, montré non coloré, en traits. Faut avouer qu’l’en-cours et l’brouillonné peuvent souvent si peu cacher que vous les dévoiler ici ne me plait qu’à moitié. Mais l’image en cours ne sera pas de sitôt finalisée alors bon gré mal gré, j’ai risqué.

À vous livrés, ainsi, des crânes moult nombreux croquant par leurs racines des pissenlits, trois cages bientôt dorées plus trois sirènes en plumes et encordées, pendues en sursis surgies, comme qui dix raies, d’un fantastique récit. F. Avis d’ailleurs aux amateurs non de nouvelles mais de légendes, La capote du pendu de Marcellin Lagarde, courte relation des hauts faits d’un singulier vêtement made in Remouchamps, m’avait, ado, fait forte impression.

Sans transition,
Xoxo,
D