J’accusais moins de vingt printemps. Ma tante, admirant mes images, bloqua soudain sur l’une d’elles. Un cliché destiné à la carterie et dessiné dans le seul but de faire joli : un trio de ballerines au bain, buvant du rouge et se faisant belles pour aller danser. Tante n’en retenait qu’un verre… posé sur le rebord de la baignoire, enjambé par la demoiselle sortant du bain ; sa position, déclara-t-elle, prêtait à confusion. Je compris qu’à ses yeux, ce vin était du sang.

J’en fus sottement mortifiée et conséquemment, ce sang resta longtemps absent de ma production. Mais au fil des ans, douleurs et nausées ont empiré au point d’impacter, les jours sans, c’est-à-dire avec, ma productivité. Mon imaginaire s’est emparé de ce qu’il ne pouvait décidément plus décemment feindre d’ignorer. Des idées me sont nées et la suite, c’est que du 16 mars au 13 avril, j’ai la chance d’exposer une poignée d’œuvres naïves et menstruelles à la librairie Entre-Temps, un lieu emblématique de la vie culturelle et associative liégeoise.

Enfin, l’erreur est réparée !