Arrêtez-vous un instant et essayez d’imaginer l’espace à quatre dimensions. Il est tout près de vous, mais vous ne sauriez dire dans quelle direction. Et vous aurez beau vous dissimuler de votre mieux, une créature à quatre dimensions pourra vous voir parfaitement, du dedans comme du dehors.

Rudy RUCKER, La quatrième dimension

L’an d’avant, road-trip jusqu’à Trondheim-la-norvégienne et là cheminant, visite des églises en bois debout, trésors coffrés : tout d’bois dehors et l’bling dedans. L’envie de dessiner une norv’église en coffre me vient. Le temps manque, passe. Tiens, un appel à contribution ayant pour thème… l’exploration urbaine !

L’idée soudain refait surface :

Perdues dans nos jungles urbaines, les bâtisses abandonnées sont les coffres au trésor des Indiana Jones de notre temps. L’urbex, c’est l’aventure pour l’aventure, pour le panache, pour le plaisir d’la découverte et de la curiosité satisfaite ; c’est aussi voir sans être vu, caresser du seul regard et de ces trésors n’emporter que le souvenir ou l’image.

L’idée de la maison-coffre au trésor à mes yeux vaut de l’or et d’à l’envi la décliner, je ne compte à l’avenir pas me priver. Pas par paresse mais bien parce que le coffre en bois est un élément-clé de mon monde rêvassé ; la clé aussi de ma pratique artistique/mon sens esthétique/mon rapport aux rencontrés. Rien à biffer : je vis, vois et me vêt comme je dessine. Je vous épargne le chiffon, le futile et l’intime. Parlons peu, parlons bien, parlons dessin. Les miens sont naïvement faits de simplissimes traits fermés en formes-sacs remplies à craquer de motifs, de couleurs, de baroque et de sens. Sacs, coffrets, coffres tels que nous les verrions peut-être s’ils possédaient trois dimensions… et nous quatre.

c. q. f. . . dR!