J’ai connu le Bonheur puis le malheur de voir un être aimé partir à vau-l’eau en se noyant bon gré mal gré dans le boulot, en évitant, fier et buté, les perches tendues, les bouées. Moche. Cet enfer, il s’agissait d’en faire du beau, un cadeau comme qui dirait, offert à lui, à vous, aussi, par ricochet et foie de dauphine, j’y ai mis le paquet. Mes Citrons Pressés plurent et furent intégrés à l’exposition collective REVLT.

Voici le texte qui les accompagnait :

C’était l’été, il faisait chaud, j’avais soif de citron pressé et comme l’envie de croquer le tennis des années folles : blanc pétant, vert gazon et outrageusement glam’. Ainsi me vint l’idée d’un court où les balles seraient des citrons et où les raquettes joueraient les passoires, d’un sport-spectacle là pour étancher la soif d’une poignée de spectateurs sapés.

Une idée pétillante et légère, un zeste trop, peut-être, à votre goût ? Au mien itou.

Patience !

Le temps de la laisser infuser et déjà, elle avait gagné en nuance, en intensité. C’est que ces citrons, s’ils désaltèrent, ont aussi un revers, un envers, un inverse et pour sûr, à mieux y regarder, la vie sur ce court archibondé est moins sucrée qu’il n’y parait : quelques bras longs sirotent tandis que d’aucuns trinquent, pressés comme des citrons jusqu’à saturation, jusqu’à ce que des branches de citronnier leur sortent par les trous du nez, des oreilles et du gosier, que des citrons y poussent et soient cueillis, pressés, servis par d’autres vies en sursis.

J’avais pris l’habitude de ne dire qu’en traits mais les mots, fait nouveau, leur disputent aujourd’hui la pointe de mon stylo.

Changement de style ?

Oh !