Phosphorus

Gemmes taillées servies dans une assiette

“On that evening I distinctly saw a luminous ribbon issuing from dear Miss Arundell’s mouth! Then her head became enveloped in a luminous mist”

Agatha CHRISTIE, Hercule Poirot – Dumb Witness

J’ai, en cette fin d’hiver, faim de vert. Ça a commencé avec des soupes à boire au petit-déjeuner, puis avec une chemise prêt(e)-à-porter d’un vert Reviens-moi et d’autres soieries vertes qui courraient dans l’herbe m’ont souri et, dans mon armoire, ont atterri.

Ça s’est poursuivi avec ma découverte, sur thesartorialist.com, de cette photographie de feue Manuela PAVESI (que vous voyez ci-bas) qui m’plut tant et si bien, qui plut tant à ma main, qu’nous nous fendîmes d’l’image/hommage de joyau repas (que vous voyez ci-haut).

Homme vêtu de kaki, d'argent et de vert gazon

Vers quoi cela me mènera-t-il, sinon un désastre… vestimentaire (mon cher Watson) ? En attendant de trouver réponse à cette question, en souhaitant que les feuilles, toujours, reviennent aux branches, je vous dis à bientôt, mes beaux, et m’en retourne espérer comme je respire.

Tenues mêlant kaki et vert gazon

La belle affaire…

Résister aux sirènes de la consommation

“The sport, which had hitherto known no rival but croquet, was beginning to be discarded in favour of lawn-tennis; but the latter game was still considered too rough and inelegant for social occasions, and as an opportunity to show off pretty dresses and graceful attitudes the bow and arrow held their own.”

Edith WHARTON, The Age of Innocence

Après avoir longtemps freiné des quatre fers, je croiserai bientôt le blanc métal avec d’autres archers locaux… ou pas puisque pour être de la compète, il me faudra montrer pattes, bras et torse blancs ce qui est loin d’être gagné sachant que dans mon armoire, il n’y a de blanc que les culottes et que je n’ai point encore ce culot-là. Là où les choses se Sardaigne, c’est qu’en dehors desdites culottes, j’achète exclusivement d’occase, parfois d’artisanat, et qu’au pays de la chine, trouver une telle tenue me prendrait un temps que je n’ai pas. Du coup, je m’interroge : se draper dans son drap de lit, est-ce un délice ou un délit ?

Archère du dimanche

Et puisqu’on parle d’l’allure d’l’archer ou d’l’archère, j’ai vécu ce dimanche une édifiante expérience lorsque, filmée par un mentor guettant mes failles puis forcée de mater ce mini-moi animé, je me suis surprise à n’être pas d’abord à l’affut de mes défauts de beau. Juger ce corps mouvant à l’aune de critères inédits, être soudain face au fait de mon image et pouvoir, sans jugement, m’y reconnaître… C’était bien !

Métal gagnant

Enfin, saviez-vous que le lurex était (et est encore) un fort bon leurre pour la pêche à la Dauphine ?

Textiles vintages source d'inspiration

Ci-dessus à gauche, une robe en soie et lurex fripée avant janvier. Ci-dessus à droite, le bout d’une robe de la mère de la mère de ma mère, transformé par elle en chiffon et par moi conservé toutes ces années.

Bonne journée d’février : – )

Cûtes peûres di Lîdge

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Le mois dernier, j’ai acheté d’occase une robe couleur de poires cuites, spécialité liégeoise et délice automnal aux saveurs d’une enfance que je ne regrette pourtant pas. J’ai dessiné la robe mais la robe n’est rien sans les feuilles de l’automne et feue la foire d’octobre, sans ma ville vue d’en haut et la nocturne des coteaux. J’aurais voulu vous dessiner tout ça, causer conso et fantastique, aussi. J’aurais voulu mais je ne l’ai pas fait.

Changement de rythme

Mon blog a bientôt deux ans et je suis sans cesse tiraillée entre l’envie de l’embellir et la nécessité de le négliger. Il me fallait trancher, j’ai préféré couper la poire en deux et décidé de publier moins pour publier mieux et commenter, enfin, les blogs que je suis. Cela se traduira, dès janvier, par un article unique publié ici le premier jour de chaque mois (et l’ouverture d’un microblog où nicheront bribes et brouillons) (peut-être). Edit du 24/08/2016: ah… ah… attendrissante naïveté ; – )

Robe à motif de poires cuites

L’idée vous plaît-elle autant qu’à moi ? Et, sans indiscrétion, comment vivez-vous votre propre blog?

D

La sirène et ma p’tite laine

Couverture artisanale en laine de Tlemcen(Ou le grand retour de mon alter ego stylé jusqu’à la pointe des nageoires !)

Comment, en effet, résister aux sirènes de l’automne si ce n’est en s’habillant comme l’une d’elles, la rousse Ariel ? J’ai troqué la voilure et la corde pour une couverture tlemcenienne et une ceinture kabyle, présents chéris de la Wonder Hania, la chevelure de feu pour une touffe informe, le corps svelte pour les courbes d’un cache à l’eau mais… il suffit d’y croire, pas vrai ? Isn’t my “working from my badly insulated home and stuck behind a desk all day” garb somehow reminiscent of Ariel’s old sail and rope dress? Both the Tlemcenian blanket and Kabyle belt are gifts from a dear friend and real life Wonder Woman : – )  

Couverture nouée à la mode d'Ariel

Et puisqu’on parle chiffons… Les illustrations de mode à la mode ne ressemblent-elles pas parfois un peu trop à des dessins de vêtements, fards et accessoires, texturés et en couleurs, portés par une femme prétexte et porte-manteau, esquissée au trait ? Je préfère quand le vêtement est le prétexte et prétexte, comme chez Georges Barbier, à la création d’une image belle à part entière, où l’œil peut vagabonder et où l’imaginaire n’est pas réduit à convoiter ce qui lui est montré.

Ariel, voile déchirée et cordage

Couverture tissée artisanalement à Tlemcen

Mais les belles images prennent du temps et le temps, il paraitrait que c’est de l’argent. La suite cet automne, ici même et… en images !

( – : Prenez soin de vous : – ) ( – : Thank you for visiting my blog : – )

Il faut vouivre, Francine!

Vieille dame parée de nombreux bijoux

Voici ma grand-mère Francine qui n’est pas une quiche mais fut souvent roulée dans la farine. Je lui ai tiré le portrait pour un projet qui aura je l’espère, moins d’insuccès que les précédents. Voici aussi un stock de gemmes en toc, les siennes et puis les miennes, dont les couleurs s’harmonisent avec celles du dessin. Voici enfin trois longs extraits de La Vouivre, l’œuvre qui me fit aimer Marcel AYMÉ. Elle n’est paraît-il pas sa meilleure, elle garde pourtant ma préférence et saura peut-être gagner la vôtre. Today is Sunday, it’s raining and this blog is in great danger of losing its sparkle. But do not despair, lovely readers, here are three jewels related tidbits: a drawing of my beloved grandma Francine who likes gardening and collecting, a picture of some trinkets she once gifted me and some excerpts of La Vouivre by Marcel Aymé, the French king of magical realism; his Vouivre being a nymph whose fair head is adorned with a priceless ruby. The novel has not been translated into English yet but some of his short stories were and are very well worth discovering.

La Vouivre, ainsi.

Dryade et naïade, indifférente aux travaux des hommes, elle parcourt les monts et les plaines du Jura, se baignant aux rivières, aux torrents, aux lacs, aux étangs. Elle porte sur ses cheveux un diadème orné d’un gros rubis, si pur que tout l’or du monde suffirait à peine à en payer le prix. Ce trésor, la Vouivre ne s’en sépare jamais que pendant le temps de ses ablutions. Avant d’entrer dans l’eau, elle ôte son diadème et l’abandonne avec sa robe sur le rivage. C’est l’instant que choisissent les audacieux pour tenter de s’emparer du joyau, mais l’entreprise est presque surement vouée à l’échec. À peine le ravisseur a-t-il pris la fuite que des milliers de serpents, surgis de toutes parts, se mettent à ses trousses et la seule chance qu’il ait alors de sauver sa peau est de se défaire du rubis en jetant loin de lui le diadème de la Vouivre. Certains, auxquels le désir d’être riche fait perdre la tête, ne se résignent pas à lâcher leur butin et se laissent dévorer par les serpents.

Ma collection de gemmes en toc

La Vouivre, donc. La Vouivre libre et immortelle, la Vouivre descendue des sommets et qui hante la plaine…

Le curé avait dû constater, la rage au cœur, qu’il n’y avait chez ces gens-là pas la moindre trace d’un effroi sacré. C’était bien toujours la même chanson. Ils s’étaient habitués à la Vouivre, ils l’avaient déjà digérée. Sur le plan pratique, ils s’en accommodaient avec une indéniable sagesse, une sagesse conforme à l’esprit du dogme chrétien, c’était bien le plus enrageant. D’autre part, ils avaient rangé leurs certitudes à l’égard de son existence dans une cloison étanche de leur conscience, là où elles ne risquaient pas de provoquer un accès de fièvre religieuse : et ce, avec la même aisance des générations passées conciliant, dans un ordre inverse, superstition et religion. Rien à espérer de ces paysans. C’était la pente mystique qui manquait. Du reste, ils ne s’étaient pas montrés hostiles à l’idée d’une procession. Mais ils ne s’y étaient pas attachés non plus. Au plus fort de la moisson, ils avaient des préoccupations autrement importantes.

La Vouivre, roman de Marcel Aymé

Mon exemplaire, acheté chez Oxfam, est enrichi d’enchanteresses illustrations signées D.A. STEILEN. Cela ne gâte rien, vive le seconde-main!

La Vouivre sur laquelle glissent les sentiments et qui se demande ce que c’est finalement que d’être humain:

Moi, qui ai vu apparaitre les premiers hommes dans le Jura et se succéder des milliers de générations, tu penseras peut-être que je les connais mieux que personne. La vérité, c’est que vous m’avez toujours étonnée. Il y a dans vos têtes quelque chose qui n’est pas dans la mienne, quelque chose que je sentais déjà chez les hommes des cavernes, et je voudrais bien savoir quoi. Quand je suis avec toi, j’attends toujours que tu me l’apprennes.

L’apprendra-t-elle ?

Qui lira l’saura et qui vouivra verra, les amis… Prenez soin de vous : – ) Merci for visiting my blog, take care!