Intermède textile… # 2

Alors que déjà s’étiolent les voiles de l’été, voici, ô lectorat, un aperçu de mes tenues du printemps dernier, inhabituellement sec et chaud. Comme d’habitude, tout ou presque fut acheté de seconde-main, de la jupe en soie au gilet en cachemire, en passant par le pantalon rayé en lin et les bottines en cuir. Last spring was surprisingly summery and so were my second-hand clothes… starting with these oh-so-comfy and wrinkle-free linen trousers. I bought them in a charity shop the day before flying to Algeria and have been channeling my inner-Obelix ever since ; – )

Tenues dessinées pour ne pas transpirer

Talking about purchasing stuff, Guillaume Carnino writes that “First, advertising formats all consciences to desire, think and even perceive the world similarly. Then, to cure this loss of individuality, it offers “remedies” that accentuate the massification and thus the desire for individuality”. In short, “The more I consume, the more I become like anyone else and the more I feel the need to consume (ever newer, trendier and hyper things) in order to differentiate myself”. Et parce que penser à se saper, c’est bien, mais que penser tout court, ça n’mange pas d’pain, voici, sans transition ni plus attendre, un extrait récemment lu et apprécié de Divertir pour dominer – la culture de masse contre les peuples, aux Éditions l’Échappée :

Tout d’abord, la publicité formate toutes les consciences à désirer, penser et même percevoir le monde de façon similaire. Ensuite, face à cette perte d’individualité, elle propose des « remèdes » qui accentuent au contraire la massification, donc l’envie d’individualité. En gros, lorsqu’une marque de chaussures vante la vie sportive et extrême comme si elle était l’apanage d’une « élite », elle va générer une masse d’attentes et de symboles identiques chez toute une partie de la population, qui se dirigera vers ses produits, afin justement de se distinguer : la pub rend tout le monde identique, et elle le fait en faisant croire que la consommation est le lieu de la distinction avec les autres. C’est la toute la puissance de ce cercle vicieux : plus je consomme, plus je suis identique et plus je dois consommer (toujours plus nouveau, toujours plus « à la mode », toujours plus « hype ») pour justement me différencier des autres.

Guillaume CARNINO, “Le contrôle par la consommation”

Tenues illustrées pour se protéger du soleil

L’idée n’est pas neuve, je vous l’accorde, mais elle a ici le mérite d’être clairement formulée, non ? Après, pour se distinguer consomme-t-on, là-dessus varient les opinions mais ne sont-ils guère inquiétants, ne vous ont-ils jamais troublés, ces intérieurs « tellement moi » qui, lestés de mappemondes (check !), de faux trophées animaliers (check, check !) et de guirlandes lumineuses, parés de cloches en verre et de cadres en grappes, finissent curieusement par se ressembler ? Les images encadrées peuvent bien varier, refléter ou non l’imaginaire de leurs propriétaires, leur accumulation verticale n’est-elle pas une mode qui, pour le profane, rend ces murs empesés tous semblables ? Un peu, beaucoup, souvent, parfois… Oserais-je vous demander ce que vous en pensez ? That’s something I’ve thought about a lot lately: how, for instance, many interiors tend to look somehow similar despite/thanks to their owners’ sustained efforts to express their personality through them. Maps, globes and glass globes, fairy lights, faux animal heads and gallery walls, anyone?

Tenues dessinées pour affronter l'été

My point is, this whole “expressing oneself through one’s purchases” trend seems rather tricky, doesn’t it? Pour ma part, j’en conclus prudemment que consommer pour s’exprimer est une entreprise risquée et vous dit à la revoyure pour, bientôt, de nouvelles aventures !

PS : Avis aux amateurs de bédés, La page blanche, avec BOULET au scénario et Pénélope BAGIEU au dessin, parle ci et là aussi de ça.

Intermède textile… # 1

Le printemps est en avance, très en avance même. Mais avant de faire péter la sandalette, Dauphine-la-frileuse a décidé de rendre un dernier hommage à ses gros pulls… parce qu’ils le valent bien. Un bilan textile, ça vous dit? What I wore this winter and how thrifting has taught me to favor quality over quantity and enjoy what I already have… even if it’s not “perfect”. Sorry for the lack of proper English translation, by the way. I’ll do better next time, I promise!  

HIVER 2014, DAUPHINE D’EXTÉRIEUR

Tenues dessinées autour d'un manteau noir

Alors, la Raisin déambulant un soir d’hiver sur le pavé liégeois, ça donne quoi ? Une silhouette confortable et passe-partout, la même depuis 2011:

Long manteau noir + pseudo-chapka s’il gèle et chapeau à larges bords s’il pleut + écharpe plus ou moins chaude et chatoyante + paire de bottes douloureusement déglinguées.

RAISIN D’INTÉRIEUR, HIVER 2014

Tenues illustrées pour affronter l'hiver

Acheter de seconde-main en général et vintage en particulier m’a rendue à la fois plus exigeante en termes de qualité et plus encline à me satisfaire d’un « assez bien ».

Ainsi, l’épais pull orange dessiné ci-dessus. Acheté 30 francs dans un charity shop zurichois, ce pull en cachemire 16 fils est vachement doux, follement chaud et accessoirement un peu… bah, plus Joconde qu’Ondine, quoi. C’est surtout qu’entre la couleur saumonée, les épaules tombantes et la coupe bouffante, on ne peut pas dire que cette maille m’aille mais elle me tient chaud. Le perfectionnisme, c’est bon pour le boulot ; – ) 

Tenues illustrées pour supporter le froid

Toujours dans la rubrique “le seconde-main a changé ma vie”, j’appelle les vêtements en laine : chauds, respirants et sans odeur. Niveau éthique, ce n’est pas le top – rapport au museling et autres joyeusetés – mais en l’absence d’alternatives viables, je me contente pour l’instant (et sans mauvais jeu de mot) de suivre le troupeau… Si vous avez des pistes autres qu’un jean avec 10% de fibre d’ortie, les commentaires vous sont ouverts : – )   

Voilà, voilà. On se donne rendez-vous le 21 pour fêter, en images, la vraie arrivée du printemps ?

D

Ô Méduse, méduse-moi!

Sirène bifide

L’ancien officier de marine prie Son Altesse Sérénissime de vouloir bien accepter sa démission d’attaché au Muséum et de membre des expéditions océanographiques, pour ce motif qu’ayant lui-même été pêché, mis dans une espèce d’aquarium et descendu au bout d’une ficelle, en manière d’amorce ou d’appât, il éprouve alors une indomptable répugnance à faire subir aux autres le sort qu’il a subi chez les sarvants.

Maurice RENARD, Le Péril Bleu

Vous l’aurez compris : fan de fantastique, oui, de zoos, volières et autres aquariums, pas trop. C’est pourtant en visitant celui de Monterey, en Californie, que je me suis (re)découvert une passion pour les méduses, leur translucidité et leurs hypnotisants déplacements.

Lent ballet des méduses à l'aquarium de Monterey

Méduses à l'aquarium de Monterey

Là où méduses et fantastique se rejoignent, c’est lorsque celles-ci prolifèrent, naufragent les bateaux et bloquent un réacteur nucléaire. Pollution, pullulation… Mon imaginaire fait des heures sup’ ! Fantastiques aussi les méduses de mon enfance dont les cadavres mouchetaient, l’été, les tristes plages. En les regardant, j’avais le cœur battant, la chair frissonnante et l’impression de toucher du doigt une vérité ancienne et longtemps oubliée. 

Méduses échouées en grand nombre sur les plages belges

Il y a un an, j’ai, pour toutes ces raisons, acheté une étole médusée. Sauf qu’avec le recul, j’ai parfois l’impression d’avoir vaguement bradé un imaginaire qui, lui, n’avait pas de prix. Un bout de moi contre un bout de soie ?

Poissons, chiffons et champignons ; – )

Textile comme source d'inspiration

Là où Dauphine inspecte sa penderie en quête d’inspiration. Elle ferait peut-être mieux de passer un coup sur ses vitres, mais ça, c’est une autre histoire…

Exposition Dauphine Raisin à la bibliothèque aux mille feuilles

Couleurs et motifs  vintages source d'inspiration

Pour tout vous avouer, ayant récemment lu et vu pas mal de chouettes trucs, je mourais d’envie d’en faire étalage et de causer culture MAIS ayant une image sur la planche et des courgettes sur le feu, il me fallut remettre à plus tard ce noble programme et me vautrer, une fois de plus, dans une apparente superficialité.

Belle semaine à vous : – )

PS : Dans la rubrique « tâches ménagères en friche + tout m’inspire car je suis une Aaaaaaartiste », laissez-moi vous présenter mes… plaques de cuisson!

Fractale en cuisine

Fractale

Poule mouillée

Escargots dérobant un parapluie

Cette tenue délicieusement anachronique et pré-cagnard vous est joyeusement présentée par Mademoiselle D. R. (qui ficha effectivement son parapluie dans les rosiers en s’efforçant d’éviter des escargots suicidaires) (Mademoiselle D. R. n’est pas multi-tasking, c’est le moins que l’on puisse dire).

Before the heat was the rain, and when it rained, it really was a challenge to cross the garden without crushing snails inadvertently. Being distracted by those gorgeous roses didn’t help either ;-)