Vent pire en rafale

Prenons garde que la vieillesse ne nous attache plus de rides à l’esprit qu’au visage (Michel de Montaigne)

Trois vampires

Je dessine souvent des sirènes… par amour du voyage, des rivages et de ce léger décalage, ce fumet fantastique qu’exhale une sirène figurée hors de l’eau. Mais dans mon imaginarium, les canines acérées ont depuis longtemps détrôné les écailles et, à défaut d’images, m’inspirent des histoires qu’il me tarde d’écrire enfin. Aussi, dans l’attente de ces futures et fort hypothétiques publications, je vous prie d’agréer, cher lecteur, ce témoignage de mon goût distingué  ; – )

I’d like to write vampire tales one day but after watching Thirst yestereve, I feel like praising other people’s far greater accomplishments ; – ) Here are some of my favorite vampire-related works:

1. Valérie au pays des merveilles (Jaromil JIRES, Valerie a týden divů, 1970): une œuvre fantastique, onirique et sensuelle, dont chaque plan est un tableau et où les vampires ne sont finalement que la cerise sur le gâteau.

Valérie au pays des merveilles, film de Jaromil Jires

2. Count Dracula (Philipp SAVILLE, 1977): un téléfilm réalisé pour la BBC avec Louis Jourdan, qui livre une performance inoubliable et toute en retenue dans le rôle titre.

Louis Jourdan interprétant Dracula

3. Being Human (Toby WHITHOUSE, UK version, seasons 1-3): Probablement la meilleure série fantastique de ces dernières années, alternativement drôle, sombre et émouvante avec, en prime, un casting impeccable, des décors soignés (un papier-peint David le gnome <3) et des dialogues au poil. La saison 3 finit en apothéose et, n’ayant pas l’âme d’un capitaine de navire, j’ai préféré sauter du wagon à ce moment-là.

George dans la série britannique Being Human
4. Morse
(Thomas ALFREDSON, 2008) : L’ambiance, le jeu des acteurs, le scénario… tout est bon, dans le morse ! Et quand y’en a plus, y’en a encore puisque, pour une fois, le remake américain (Let me in, Matt REEVES, 2010) se hisse à la hauteur de l’original.

Morse, film de Thomas Alfredson
5. Thirst
(Park CHAN-WOOK, 2009): Thérèse Raquin est un vampire… et elle adore ça ! Un film esthétique, maîtrisé et étrangement réaliste. Les 20 dernières minutes sont à couper le souffle.

Scène du film Thirst de Park Chan-Wook

6. Où sont passés les vampires ? (Ioanna ANDREESCO, 2004) : une enquête ethnographique riche et bien écrite qui s’intéresse aux croyances et pratiques associées aux revenants dans les villages isolés d’Olténie (Roumanie).

Où sont passés les vampires, livre d'Ioanna Andreesco

On se donne rendez-vous en 2014, pour la suite ? En attendant, si vous avez des choses à me conseiller, je suis preneuse : – ) Sorry for leaving so many parts untranslated, I’m terribly late and in a big fat hurry… I’ll treat you better next time, I promise!

Six reines pour le prix d’une…

Quand ça n’veut pas, bah ça n’veut pas et dans ces cas-là, il faut savoir poser l’éponge et prendre son mal en impatience. À la suite de légères et multiples avaries au moteur, votre (Renault) Dauphine a donc décidé de laisser les autres bouloter à sa place. Au menu du jour : sirènes en croute de sel et six (hors-d’) œuvres faisant la part belle à ces écailleuses demoiselles.

Reines sirènes

Est-ce bien judicieux de parler d’artistes plus talentueux que soi sur un blog destiné à promouvoir son propre embryon de pseudo-talent ? Rien n’est moins certain, hélas, mais que voulez-vous, mon bon lecteur, elle est comme ça la Dauphine, elle ne sait pas se vendre!

1. Le professeur et la sirène (Giuseppe TOMASI DI LAMPEDUSA, 1961) : une œuvre puissante, infiniment belle et infiniment triste, par l’auteur du Guépard ; le genre de livre dont on se demande comment on a pu vivre si longtemps sans l’avoir lu, tout en ayant l’impression, une fois refermé, de l’avoir eu en nous depuis toujours.

" "

Illustrations de Chéri Hérouard pour « La vie parisienne », première moitié du XXe siècle

2. La cantatrice (Maurice RENARD, 1953) : une courte nouvelle à la saveur douce-amère, dont l’ambiance m’a vaguement rappelé Malpertuis de Jean Ray –référence cool s’il en est !– par l’un des maîtres de la littérature fantastique (Les Mains d’Orlac, Le Péril bleu). 

" "

Colette CALASCIONE, Swimmer, Huile sur bois, 1998

3. La sirène des pompiers (HUBERT et ZANZIM, 2006) : La rencontre d’une sirène bretonne chantant comme une casserole et d’un peintre parisien dépourvu d’imagination sur fond de querelle entre pompiers et impressionnistes. Du grand art.

" "

4. Sirène (Raoul SERVAIS, 1968) : un court-métrage d’animation diablement poétique, jouissant d’une renommée internationale amplement méritée et qui n’a pas pris une ride. Joueur de flûte et ambiance apocalyptique au programme.

" "

5. Mr. Peabody and the Mermaid (Irving PICHEL, 1948): Mr. Peabody and the Mermaid (Irving PICHEL, 1948) : cette comédie romantique fera le bonheur des amateurs de films fantastiques un brin désuets.  

" "

6. And last but not least, Ladies and Gentlemen, Ralph CAHOON pour l’ensemble de son œuvre. Heureusement que je suis une aspirante illustratrice fort inculte, car si j’avais découvert plus tôt l’œuvre de ce peintre, je n’aurais probablement osé aspirer à rien.

" "

Ralph CAHOON, Seaside Apple Harvest, huile sur masonite. Photo : http://www.cahoonmuseum.org/ralph-cahoon.paintings.php

Voilà. Si vous avez d’autres pistes, je suis preneuse ;-)