On s’marre co chal

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Moi, dit une très vieille femme, je ne crois plus en Dieu. Hier soir, j’ai touché deux œufs, des vrais œufs. En rentrant chez moi, mon pied a manqué le trottoir, je les ai cassés tous les deux. Je ne crois plus en Dieu.

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Marcel AYMÉ, En attendant

Mon histoire est l’histoire d’une nullipare qui pondait des œufs, c’est à dire qu’elle en dessinait. Saviez-vous que les œufs de crapaud s’pondaient en chapelets et ceux de grenouille, en grappes ? Logiquement, il faudrait donc parler de crapaud de bénitier et lâcher la grappe (de raisin) aux grenouilles jusqu’ici calomniées. En plus, dans crapaud, il y a « eau ». CQFD ; – )

Sous mon stylet, les chapelets furent transformés l’un en boa sur Phryne des années folles, l’autre en collier de perles pour reine jubilante.

Mais je n’ai là guère le temps d’en enfiler,  dit la fée Car-Elle-Bosse.

D’ailleurs, j’y retourne.

Rendez-vous la semaine prochaine pour un article un zeste plus z’étoffé, causant de bien bavardes têtes coupées.

L’ourse

 

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He was older than I. He was much older than I; there were streaks of pure silver in his dark mane. But his strange, heavy, almost waxen face was not lined by experience. Rather, experience seemed to have washed it perfectly smooth, like a stone on a beach whose fissures have been eroded by successive tides.

Angela CARTER, The bloody chamber

Ces derniers mois, j’ai beaucoup travaillé pour des projets auxquels j’espère participer. Mais espérer n’est plus assez : mes souliers sont usés, ma pomme est chiffonnée. Il faut les requinquer.

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Bref, j’y vais, j’hiverne, et le blog, idem !

Chers Gens, bel An : – )

De Basenhau

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C’est dans une barque que de nombreuses yujo (courtisanes) exerçaient leur métier… Telles des sirènes, elles accostaient les voyageurs qui descendaient les fleuves en ramant à leur rencontre et en chantant pour les attirer.

Agnès GIARD, L’imaginaire érotique au Japon

Je vous confiais samedi mon engouement pour l’association des couleurs turquoise et lie-de vin. Début septembre, ivre encore de cette découverte (et pas mûre), j’en ai teinté Ut’trio la méjugée… par d’autres que moi, qui l’aime assez.

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Trio de sirènes naufrageant les navires et transformant leurs épaves en instruments de musique, musique montant en notes sur des portées, portées-rayons d’un soleil formé de clés d’ut : Ut trio la bien nommée… par plaisir d’avec les mots jouer. Un air de musique était la thématique.

Quatre jours après la chute du verdict, ma boîte aux lettres m’livrait deux exemplaires du magazine PAGE 1, édition 6. Vive joie d’y voir mes images, publiées là pour la première fois.

Na !

Le temps de créer -2-

Portrait naif d'une mariée trépassée

Les roues brillantes de son équipage tournaient sur le pavé pour la conduire à sa prochaine visite. Leur son était parfois assourdi par d’épais tapis de paille : c’était la coutume alors d’en répandre dans les rues devant la porte d’un malade ou d’un mourant.

Cecil BEATON, Cinquante ans d’élégances et d’art de vivre

A contrario, l’idée parfois surgit in-extremis. Ainsi, après avoir passé une pleine nuit à créer des motifs pour un papier peint et une dentelle de mariée morte, j’ai, à l’aube, remplacé ce fatras par des nuages, un soleil, an umbrella.

L’évidence, enfin, était là.

Ah!

Motif crânes

Motif crabes façon toile de Jouy

Alors, je prendrai…

Exposition Close-Up sur le thème du Départ
… départ du gâteau, s’il-vous-plait bien, et puis, cerise sur icelui, une expo collective au BRONKS ce samedi (Close Up #5). Thème, le voyage, sous-thème, le départ… au tombeau, vous diraient mes images.

Oracle jeté par-dessus bord

Capitulation des sirènes

Je t’ai aimé, souviens-t’en ; quand tu seras par trop las, quand vraiment tu n’en pourras plus, tu n’auras qu’à te pencher sur la mer et à m’appeler : je serai toujours là car je suis partout, et ta soif de sommeil sera comblée.

Le professeur et la sirène, Giuseppe Tomasi Di LAMPEDUSA

Pourquoi est-ce à ce départ-là que j’ai pensé ? Tout ce que j’en sais, c’est que mon grand-père, libéré, délivré d’Alzheimer il y a deux étés, avait grand peur de la mise en terre. Je sais aussi que son départ est venu bien tard et que lui est mort seul en unité de psychogériatrie. Terrifié, probablement.

Pourquoi est-ce à ce départ-là… ? Parce que, comme la sirène au professeur, je lui devais, je crois, la mer ; la mer et l’image des fleurs dont jamais encore je n’ai garni sa tombe.

Epoux se passant la corde au cou

Voici ma dette réglée et l’ambiance… plombée ?
Que non, crénom !
Je n’ai juste pas noyé l’poisson ; – )

Merci à Audrey et  Mangoo Pickle pour l’invitation et la tip-topissime organisation : – )