Être soie

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Botticelli et ses nymphes fleuries ont bousculé l’image de la soie jusqu’alors réservée à des personnages hiératiques et immobiles. La séduction, la célébration de la nature, la grâce l’emportent sur le pouvoir : c’est le double visage de la soie.

Yvonne de SIKE, La soie – Mythologies d’hier et d’aujourd’hui

Je vous avais promis des bobines guillotinées à la langue bien pendue mais les cabèches en verve attendront. Notez qu’il n’est pas question de perdre tout-à-fait le fil puisqu’en fait de bobines, nous causerons chiffons.

Figurez-vous qu’en la fin de janvier, je suis entrée dans un magasin de charité où les costumes de carnaval s’agglutinaient sur deux portants dédiés. Super-tenues inflammables et robes de fée y côtoyaient d’authentiques vêtements nés d’autres cultures : caftans, djellabas, salwar kameez et lourdes soieries venues d’Asie.

Incongru, violent classement.

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Notez qu’un lien peut tout de même être fait entre mes nouvelles peaux de soie et le carnaval puisque les mascarades rurales, c’est la lutte de l’hiver et du printemps, la fertilité, le renouveau. Et que la soie, la soie… « Comment pourrait-on supposer que la sensibilité des hommes et des femmes n’ait pas été touchée par le fascinant processus de la production de la soie, qui rappelle tant les rythmes de la mythologie locale avec la symbolique de la résurrection du papillon ?» (La soie – Mythologies d’hier et d’aujourd’hui).

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J’ai coiffé mes poupées des masques d’argile dont j’aime à me plâtrer. Histoire d’boucler la boucle, v’voyez.

Bonne journée : – )

On s’marre co chal

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Moi, dit une très vieille femme, je ne crois plus en Dieu. Hier soir, j’ai touché deux œufs, des vrais œufs. En rentrant chez moi, mon pied a manqué le trottoir, je les ai cassés tous les deux. Je ne crois plus en Dieu.

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Marcel AYMÉ, En attendant

Mon histoire est l’histoire d’une nullipare qui pondait des œufs, c’est à dire qu’elle en dessinait. Saviez-vous que les œufs de crapaud s’pondaient en chapelets et ceux de grenouille, en grappes ? Logiquement, il faudrait donc parler de crapaud de bénitier et lâcher la grappe (de raisin) aux grenouilles jusqu’ici calomniées. En plus, dans crapaud, il y a « eau ». CQFD ; – )

Sous mon stylet, les chapelets furent transformés l’un en boa sur Phryne des années folles, l’autre en collier de perles pour reine jubilante.

Mais je n’ai là guère le temps d’en enfiler,  dit la fée Car-Elle-Bosse.

D’ailleurs, j’y retourne.

Rendez-vous la semaine prochaine pour un article un zeste plus z’étoffé, causant de bien bavardes têtes coupées.

Pavé num’éric (dans la mare)

 

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Grâce à Ligozzi, le monde naturel et fantasmagorique des pierres, exhumées des entrailles de la terre, s’entrouvre pour accueillir et interpréter d’autres expressions très colorées de la nature qui parsèment la terre, telles les fleurs, ou ponctuent le ciel, comme les oiseaux.

Annamaria GIUSTI, La marqueterie de pierres dures

C’est en un palazzo de la Sérénissime, le Ca’Rezzonico, musée du Seicento, que mon attention pour la première fois s’est fixée sur le commesso di piètre dure, la mosaïque florentine, marqueterie et presque peinture de pierres dures (par opposition aux marbres, tendres). Dans la Florence d’il y a cinq ans, j’en avais vu sans y voir goutte, sans y goûter : les chichiteuses pierres de la chapelle des Princes m’avaient laissée de marbre. À Venise, j’ai regardé.

Faut dire qu’l’allure d’la mosaïque était fort autre et le timing, parfait : ayant décidé peu avant, la veille précisément, de faire se rencontrer mon style et celui d’un projet, j’errais là, cogitant donc étang, me demandant d’quels traits doter leurs rejetons. Délester mes images de leur noire bordure, soit, mais comment m’assurer que cela fait, elles portent encore ma patte ?

La solution, j’en avais l’intuition, était à piocher en ma façon particulière de colorer, de mettre en motif plutôt qu’en couleur. Mais des mouflets, flous restaient les traits. Et d’l’évidence, le sentiment m’manquait. Frustrant, éminemment.

Un puis deux plateaux de table marquetés plus tard, j’exultais.

Renseignements pris dans La marqueterie de Pierres dures d’Annamaria Giusti, la mosaïque qui me séduit est celle à la mode de Jacopo Ligozzi : formes simplifiées, précision botanique, « aplats chromatiques limpides et nets » sur « fond nocturne si resplendissant» en marbre noir des Flandres.

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Mais la vraie joie, le luxe roi, n’est-ce pas aussi d’s’aventurer parfois par-delà le j’aime/j’n’aime pas ? De prendre le temps d’apprendre, d’apprendre comme ici, commessi, d’apprendre par exemple comment on est passé, sous François d’Médicis, de l’engouement pour les marbres romains au goût maitrisé pour les pierres marquetées? Et comment ce goût a jusqu’à nous évolué?

Ce livre pour cela est parfait et parfaitement illustré.

Une mine, une vraie ; – )

(Gueule de) bois de vote

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Anyone can count those trees –there are hundreds if not thousands of them. But although it has many parts, this stand is really one single organism. Under the ground the “tree” is continuous. It forms a connected structure with many upright shoots that emerge from the soil, straining our everyday notion of a single tree.

Lynn MARGULIS and Dorion SAGAN, Aquiring genomes- A theory of the origin of species

Ma feuille, c’est ainsi que me bien nomme l’un saigneur d’mon bosquet. Par quoi ce nom lui fut-il inspiré et pourquoi, sitôt reçu, a-t-il résonné vrai ? Miss terre et boule de gomme… arabique (puisque la guimauve, ah !).

Mais figurez-vous qu’en septembre dernier, cette feuille en a croisé d’autres qui l’ont fort intriguée : l’endroit était le Rudolfinum de Ljubljana et les feuilles, des feuilles en argent, des feuilles romaines, des feuilles… votives. Fallait-il là comprendre que cet empire, cet autre empire en « ain » avait, lui, le vote chic jusqu’au bout d’ses bulletins ?

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Que nenni, non pas, Nenni-da ! Ces plaquettes précieuses étaient réellement des offrandes faites aux dieux, en leurs temples, par des fidèles en demande ou reconnaissants. Miss univers et bubble gum, notez, sur le pourquoi du choix de cette forme…

… forme qui m’était familière, et pas pour rien. C’est en découvrant leur image à l’écran que le franc est tombé : ces feuilles argentées m’en rappelaient d’autres acquises autrefois à Bujumbura et portées en collier du temps où la forêt de mon imaginaire venait d’être plantée.

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Bonne soirée : – )

L’ourse

 

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He was older than I. He was much older than I; there were streaks of pure silver in his dark mane. But his strange, heavy, almost waxen face was not lined by experience. Rather, experience seemed to have washed it perfectly smooth, like a stone on a beach whose fissures have been eroded by successive tides.

Angela CARTER, The bloody chamber

Ces derniers mois, j’ai beaucoup travaillé pour des projets auxquels j’espère participer. Mais espérer n’est plus assez : mes souliers sont usés, ma pomme est chiffonnée. Il faut les requinquer.

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Bref, j’y vais, j’hiverne, et le blog, idem !

Chers Gens, bel An : – )