Courtisane

Courtisane aux prises avec des flèches d'amour
Là où Dauphine s’expose sans sexe poser et vend, c’est heureux, ses images plutôt que son image ; – )

Où ? Boutique éphémère Unique et Fabuleuse, 6 rue Lombard à Liège (perpendiculaire à la rue souverain pont, à deux pas de la Place Saint-Lambert). Quand ? Vernissage ce vendredi 6 novembre de 17H00 à 22H00 (bulles, brownies, blabla et cetera), ouverture de la boutique chaque week-end du mois (samedi de 10H00 à 18H30 et dimanche de 11H00 à 15H00). Qui ? Mademoiselle Smoothie, Chloé Thimister, Fanny Daubré, Pretty Little Lapin, Vanessa Deussen Collages, Les carnets de voyage de Miss A et… moi, donc.

Boutique éphémère Unique et Fabuleuse
Ci-dessus, le flyer de l’évènement illustré par Mademoiselle Smoothie et ci-dessous, mes nouvelles cartes postales, fraichement imprimées d’hier matin.

Cartes d'art naif
Sans rire, venez ! Je promets d’y aller mollo sur les jeux d’mots ; – )

Paris fantastique

Pêche miraculeuse sur la façade du palais de la Porte Dorée

Depuis que le sort m’avait précipité en le trou de catacombes, je m’étais efforcé de ne m’étonner de rien et de me préparer à tout. Qu’un lac se fût présenté à mes regards, quand j’espérais un mince filet d’eau, que des canards se fussent ébattus à portée de ma main quand je n’osais entrevoir pour le contentement de ma faim que le repas un peu maigre des chétifs asellides ; qu’une femme, plus belle de dos que toutes les femmes imaginées par le rêve des sculpteurs, se fût dressée pour mon éblouissement, sur la rive moussue d’une pièce d’eau des catacombes à l’heure de son bain ; que cette femme, s’étant retournée, au lieu de m’exhiber le visage humain, me montrât un groin rose dépourvu d’yeux, mon Dieu ! tout cela, tout cela pouvait s’expliquer ; mais que cette femme, avec son groin rose, parlât le plus pur français, la plus pure langue d’oïl du commencement du quatorzième siècle, oh ! cela ! cela était tout à fait extraordinairement étourdissant !

Gaston LEROUX, La double vie de Théophraste Longuet

La semaine dernière, j’ai saisi l’occasion de revoir Paris et de fuir, aussi, le bruit des couvreurs œuvrant sur l’toit qui présentement m’abrite. Six jours et ces sept découvertes … “fantastiques” . Quelque part dans le 12e arrondissement, le bas-relief d’Alfred Janniot pour le Palais de la Porte Dorée, vestige de l’exposition coloniale de 1931 (ou comment le subjectivement beau jaillit parfois de l’objectivement laid).

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Au musée d’Orsay, une fabuleuse armoire en bois doré et sculpté à la gouge à motifs de croix celtique et autres ornements, d’inspiration personnelle de la reine Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, par August Ritzel (1906).

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Les formes, couleurs et mystères signés Maurice Denis, vus au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la ville de Paris, à l’église du Saint-Esprit et au musée Maurice Denis de Saint-Germain-en-Laye.

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La forêt des catacombes et ses os-papillons. Il paraît que bientôt, de modernes Sous-Préfets partiront s’y coucher et y vider des verres plutôt qu’d’en déclamer.

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La très troublante, l’eh ! épatante œuvre de Kuniyoshi, découverte plus tard que jamais dans le cadre d’une Fantastique ! expo au Petit Palais. Mention spéciale à l’Haltérophilie pour les Tanuki (1842), parce que Pompoko d’Isao Takahata, et parce que.

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L’expo Henry Darger au MAMVP, fenêtre entrouverte sur un surprenant jardin secret.

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Enfin, les femmes à bec d’oiseau exposées au Louvre mais trouvées en Syrie, merveilleuses, émouvantes, boudées comme il se doit par les sots à selfies.

Bon mardi : – )

Le fief des fous

Archer pêchant à l'arc

“I wanted to try and think out how it was that rational or even half-rational men could ever have learned to wear armor, considering its inconveniences; and how they had managed to keep up such a fashion for generations when it was plain that what I had suffered to-day they had had to suffer all the days of their lives. I wanted to think that out; and moreover I wanted to think out some way to reform this evil and persuade the people to let the foolish fashion die out;”

Mark TWAIN, A Connecticut Yankee in King Arthur’s Court

Après deux ans de tir groupé, voici que je dessine enfin, dédoublée, la fière équipe de mes dimanches matins. Dans notre bout de bois du bord de la grand-route, j’ai compté plus de moustiques que d’papillons, pas de poissons, un peu d’poison. Et pourtant, pour tant vous dire, du fond de mon temporaire bannissement, je m’méprends à regretter et le lopin et les copains.

Archer tricotant avec des flèches

Au moins, cela me laisse libre de dessiner peaufiné. L’image est grande, cinquante sur quarante centimètres, et j’ai passé sur elle un temps que je ne puis admettre. La bonne nouvelle, c’est qu’elle en jette. La mauvaise, c’est qu’vous n’en verrez ici que des extraits, rapport qu’elle s’rait boudinée dans une colonne prêt-à-porter.

Arbres naifs en forme de flèches et de hiboux

Archer arrosant des flèches-fleurs

( – : Voilà pour la forme.

Le fin du fond est confié à votre libre interprétation : – )

Tir, Adultes, Terrain

Amants s'unissant dans un champ de flèches

“Et ces beaux yeux d’un bleu transparent et humide, ces yeux d’eau, ces deux larges prunelles égarées comme plaintives dans la supplication d’un éternel adieu ?”

Jean LORRAIN, La dame en vert

Je connais ces yeux… bleus mais, fait curieux, les ai longtemps vus verts. Si tu passes par ici, joyeux co-anniversaire, comp’R !

Buissons de flèches

Sans transition (ou si peu), retour à l’image. Une sotte déchirure m’ayant depuis peu forcée à poser l’arc, je me défoule en dessinant des flèches par brassées : flèches-fleurs, aiguilles ou baguettes, soleil, lions et cachalots, cet automne-hiver, qu’on se le dise, Artémis-la-fière hantera les monts de mon imaginaire.

Couple s'aimant en plein air

Retour à l’image, bis. Artémis. Ces archers à la manque, perdus en pleine session de tir, risquent fort de lui déplaire et je l’déplore m’enfin, ils me sont chers, ce n’est pas non plus rien.

À bientôt ou t’ar…chère ; – )

J’été

Baigneuse tatouée s'adonnant à la pêche aux regards

“(U)pon which he ran down to the Still-yard Stairs, threw away his Shirt, and plung’d into the Thames, and, being a good swimmer, swam quite over the River, and the Tide being coming in, as they call it, that is running West-ward, he reached the Land not till he came about the Falcon Stairs, where landing, and finding no People there, it being the Night, he ran about the Streets there, Naked as he was, for a good while, when it being by that time High-water, he takes the River again, and swam back to the Still-yard, landed, ran up the Streets again to his own House, knocking at the Door, went up the Stairs, and into his Bed again; and that this terrible Experiment cur’d him of the Plague, that is to say, that the violent Motion of his Arms and Legs stretch’d the Parts where the Swellings he had upon him were, that is to say under his Arms and his Groin, and caused them to ripen and break; and that the cold of the Water abated the Fever in his Blood.”

Daniel DEFOE, A Journal of the Plague Year

Souviens-toi, ô lecteur, comme soudain l’été dernier, j’t’avais causé d’mon appart’ mal isolé. Et bien non, non rien n’a changé, tout, tout a continué. Concrètement, la surchauffe guette l’ordi et moi, n’osant l’éprouver, je brouillonne sur papier sans pouvoir finaliser.

Pour me consoler, je lis des livres collant à mes humeurs et à ma sueur… froide. L’été de l’an passé, les fantômes d’M.R. James, de James et de Wharton m’hantèrent, m’enterrèrent bien. Là, las (mais non hélas), ils ont filé l’flambeau aux pestiférés de Defoe et aux goules éthérées de Lorrain Jean, que je découvre enfin.

Bref, je lis et quand je ne lis pas, je lys dans la vallée.

Vous savez où m’trouver ; – )