Aveiro, Douro, Minho… #1

Culture de la vigne en terasses dans la vallée du Douro

‘He did nothing –and contrary to the most accredited copybook logic, he managed to divert himself with more than average content.’

F. SCOTT FITZGERALD, The Beautiful and Damned

Je vous parlais de mon envie de vert et de printemps, ignorant qu’elle me mènerait au pays du délicieux vin dit vert. Mais, en bonne opportuniste du voyage, je n’ai pu résister à l’offre impromptue d’aller me faire boire chez les Portugais et gaies.

AVEIRO

En guise d’apéro, quatre jours passés à voir Aveiro et me cacher des durs dards de son soleil, errant de banc en banc, me nourrissant de poissons en conserve et de citrons pressés. La ville, point grande, est charmante et pour peu que l’on délaisse l’épicentre du tremblement de terriens-touristes, on y flâne au calme, petite âme pâmée, éprise d’azulejos, enivrée d’Art Nouveau.

Marais salants d'Aveiro

La ville est charmante et pourtant ma préférence alla à trois lieux qui me donnèrent alors l’impression d’en être loin : le Cemetério Norte de Aveiro, émouvante fleur pétrifiée éclose dans le béton de la modernité ; le Museu de Aveiro où gît la sainte princesse Joanna, très belle fille de roi qui refusa jadis trois mariages et trois couronnes pour l’amour de son dieu ; et le Ria de Aveiro en sa version hors-chemin, terre de sel, d’algues et d’eau, royaume de flamants moins rosés que blancs. Le tout à découvrir en gobant des Ovos Moles  (œufs mous), pour leur goût, un peu, pour honorer, beaucoup, la géniale idée d’avoir ainsi baptisé des confiseries à la semblance d’œufs… durs !

Confiserie aux oeufs typique d'Aveiro

Sainte Joanna d'Aveiro se faisant couper les cheveux

LA VALLÉE DU DOURO

La vallée du Douro vue d’en-haut, y’a pas à dire, c’est vert beau. Mais à hauteur de vignes, la végétation Autre prend un sacré coup de jaune et l’envie d’un verre de Porto, un sacré coup de vieux. La faute à une flopée de solutions en « –ide » ?

Versants en terasses de la vallée du Douro

Heureusement, hors vignobles industriels, la vie reprend ses droits et la ripaille son goût. Coups d’cœur en vrac : l’incroyable O Meu Gatinho, à Cinfães, un resto à s’en pourlécher les babines ; à Cinfães toujours, la maison d’hôtes Cerrado dos Outerinhos pour le confort des lits, l’accueil du patron et le Pão de Ló de la patronne ; la Rota do Românico, route de l’Art roman, avec par exemple les ruines de Monte Castro Mozinho sur la commune de Penafiel ; le pont et les pâtisseries conventuelles d’Amarante, par exemple à la Confeitaria da Ponte.

À vite pour la suite…

Oyez, Oh yeah!

Plantes avec des yeux

Une boutique éphémère s’est ouverte à Liège et j’en suis. Oh, trois fois rien, trois fois trois fois moins qu’escompté même, mais enfin, j’en suis et pour ça, je remercie Pupa !

En pratique : Où ? Rue de Fragnée 71, 4000 Liège, Belgique. Quand ? Les 4, 8-11et 14-18 avril de 11H00 à 18H30. Qui ? Ledom, JOKe Graphik, Elodie Ummels, Cercle Sombre, Amalya Nguyen, Atelier 16, Las Palomas, Geoffrey Laschet, Pupa, Stella Nuozzi, GLOBO Estilo Latino, PAN dsgn, O’drey, Béatrice Deprez, Dauphine Raisin, Les Pieds de Biche, Nicolas Ghilissen, GOBO, WHOUPS, ColOrs Of ReUsing, Belge une fois.

Voilà.

Beaux jours et bien l’bonjour : – )

Vente de mes cartes d'art dans une boutique éphémère

Cartes d'art en vente dans une boutique liégeoise

Phosphorus

Gemmes taillées servies dans une assiette

“On that evening I distinctly saw a luminous ribbon issuing from dear Miss Arundell’s mouth! Then her head became enveloped in a luminous mist”

Agatha CHRISTIE, Hercule Poirot – Dumb Witness

J’ai, en cette fin d’hiver, faim de vert. Ça a commencé avec des soupes à boire au petit-déjeuner, puis avec une chemise prêt(e)-à-porter d’un vert Reviens-moi et d’autres soieries vertes qui courraient dans l’herbe m’ont souri et, dans mon armoire, ont atterri.

Ça s’est poursuivi avec ma découverte, sur thesartorialist.com, de cette photographie de feue Manuela PAVESI (que vous voyez ci-bas) qui m’plut tant et si bien, qui plut tant à ma main, qu’nous nous fendîmes d’l’image/hommage de joyau repas (que vous voyez ci-haut).

Homme vêtu de kaki, d'argent et de vert gazon

Vers quoi cela me mènera-t-il, sinon un désastre… vestimentaire (mon cher Watson) ? En attendant de trouver réponse à cette question, en souhaitant que les feuilles, toujours, reviennent aux branches, je vous dis à bientôt, mes beaux, et m’en retourne espérer comme je respire.

Tenues mêlant kaki et vert gazon

Le cas Paracas

Porteuses de lunettes noires et de bouquets d'yeux

« Là-bas, tout contre le mur de toile, là où les agrès filaient en oblique vers le cintre, et où, faute de banquettes, le public n’avait pas accès, un objet hallucinant était posé sur une traverse : une marmite aux anses évasées…

Mais ce qui était effroyable, c’est que le chaudron vivait d’une vie diabolique, grimaçant hideusement, tandis qu’un long bras grêle, qui semblait lui être poussé, gesticulait comme une tentacule de pieuvre. »

Jean RAY, Harry Dickson – On a tué Mr. Parkinson

Voici qu’une fois cette image terminée, je m’offre le temps de faire le ménage et de feuilleter, en voulant le ranger, un livre prêté par une amie… Un livre pour m’inspirer (qu’elle disait), un livre feuilleté puis reposé sur une pille vacillante de lectures en attente.

Bref, cette image : j’étais partie sur une dominante parme et kaki mais rien n’Alphonse Allais. Ô rage, ô touches et retouches et oh… v’là-t’y pas qu’soudain, mes banquières s’retrouvent parées des couleurs (presque) de Paracas !

Textiles Paracas comme source d'inspiration

Mais ça, je ne l’ai compris qu’en retrouvant ce livre. Ainsi va l’inspiration : on la prend, on la digère puis on la recrache sans mal y penser. Les photos sont tirées du catalogue Paracas, trésors inédits du Pérou ancien, une coédition Musée du quai Branly/Flammarion.

Couleurs inspirantes des textiles Paracas

Exemple bis (et tardif) : Hier soir (le 17/03, soit bien après avoir commis cet article), en pleine période Jean RAY’ve encore, ma pile d’Harry Dickson trop tôt épilée, j’opte pour une relecture de Malpertuis. Voici ce que j’y lis :

« À plusieurs reprises, j’ai vu une jeune fille de grande beauté, assise immobile auprès de ce tombeau.

J’ai voulu lui adresser la parole, mais chaque fois que je me dirigeais vers elle, je la vis disparaître comme une fumée. J’ai pourtant pu voir qu’elle portait un bandeau noir sur les yeux et que sa chevelure, rouge comme du cuivre brûlant, était bien étrange. »

Ça m’en a bouché un coin, comme dirait l’autre. Il vous faut savoir qu’Euryale la belle a les yeux (révol)verts.

À tout tôt ; – )

Raisin Valentin

Barbes tressées en forme de coeur

Barbiches ou bar-cerfs, amis, amants ou frères ?

Qu’importe, ils sont au poil de carotte.

Pourpre, la carotte!

Ce matin, v’là-t’y pas que j’me mouchotte et qu’ma boulette prend des allures d’léporidé ? Nous parlions de carottes, le p’tit poilu n’était point loin… Spéciale dédicace, ainsi, à Peric et Malocoxis, cuniculophiles de mes amis.

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Et après, m’écrirez-vous ? Après, je vous offre ces bouquets verts d’yeux croisés au détour d’une image en cours. Et des bises… des bises d’Raisin Valentin : – )

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