Orient, riants iris

Transformation de fleurs en papillons

Il obligeait ses victimes à porter des mentonnières faites de rangs de perles, les étouffait sous les renards blancs, les poignardait de plumes d’autruche, les emprisonnait (comme on entrave les jambes d’un cheval pour l’empêcher de s’évader) dans des jupes de harem. Des tuniques laitonnées comme des abat-jour pendaient autour de leurs hanches, de lourdes capes les enveloppaient et elles étaient couvertes de franges et de glands, ainsi que de bijoux barbares. Cet orientalisme violent qui attacha, ligota quelques-unes des femmes les plus respectables de Paris, est encore plus étonnant lorsqu’on sait que Poiret, à l’époque, n’avait encore jamais quitté la France.

Cecil BEATON, Cinquante ans d’élégances et d’art de vivre

Plusieurs fins de soirées passées à me délecter d’une traduction du Glass of Fashion de Cecil Beaton achetée au hasard d’une librairie d’occasion. Le photographe m’était inconnu, le ton de l’auteur m’a beaucoup plu.

Pour fêter cette trouvaille de quatre sous, retour timide des intermèdes textiles avec, ci-dessous, jamais-deux-sans-trois autoportraits de moi en robe et enrobée, trois tenues pour me rappeler ma plaisante mais pluvieuse, pluvieuse mais plaisante escapade à Nancy-belle-en-ce-miroir:

Tenues inspirées par Poiret et l'orientalisme

Et ce second extrait:

Aussi quelque choix que le goût individuel puisse faire, fût-ce à propos d’un escabeau ou d’un panier d’osier, il procédera toujours d’un choix initial plus profond, il traduira un besoin de l’esprit par lequel une valeur particulière est conférée à cet escabeau ou à ce panier. La beauté de ces choses nous deviendra perceptible à travers la personnalité de celui qui les aura choisies. C’est dans nos choix que nous révélons le plus profond de notre nature et une individualité véritable peut nous faire voir les objets de son choix avec des yeux nouveaux, avec ses yeux.

Ce n’est qu’ainsi voulu et vécu qu’Instagram, à mes yeux, présente un intérêt. Traduction: j’acquiesce. Traduction d’la traduction: j’dis yes!

Bon printemps,
D

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