Mère. Poule. Art.

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Enfin du n’œuf sur le blog.

Ces temps derniers, j’ai pourtant bien bossé et si cette image fut longue à pondre, c’est que l’un de mes outils m’a lâchée en cours d’elle. Piqure de rappel reçue à point nommé, l’rappel de ne jamais, au grand jamais placer tous ses œufs peints dans le même panier. L’tout sans s’éparpiller, c’n’est point gagné mais le défi est relevé.

Mère poule, mère pour l’art, mère poule art. L’image est simple et ses teintes pastel charmantes mais sa légèreté, elle, n’est qu’apparente. Désirer un poussin et sacrifier ses œufs pour l’signifier, l’idée m’a d’abord séduite par son absurdité.

Mais absurde, l’est-ce à mille pourcents?

Il arrive si souvent que dans la vie, l’on se sabote sans oser s’l’avouer. Fausses bonnes idées, barreaux imaginaires, franchement, y’a d’quoi faire. Il arrive aussi la pensée magique, l’espoir du fantastique, Pygmalion et sa statue, le Pinocchio de Geppetto et de Théophile l’Omphale qui se refusait à faire tapisserie et qui tant de nuits, prit vie. Il arrive enfin qu’l’on ait envie d’vider son sac et que l’oreille compatissante ait grand besoin qu’on lui fasse un dessin.

Absurde, oui, certainement, mais du fond du puits je vous demande ceci : s’fait-on jamais d’Hamlet sans casser deux… ou même m’aime trois œufs ? Mère Poulard, eh !

L’image est simple mais brouillée de symboles, de détails et de clés : avez-vous bien noté les papillons dans l’ventre et les larmes à l’envers, le phare et les cafards grimés en scarabées pour conjurer la chance ? Et le masque, ce masque qui peut tout renverser, l’avez-vous remarqué ? Est-ce un masque de fécondité là pour appeler ou le masque d’mère poule que j’ai vu m’élever, étonnant masque social, splendidement porté ?

Afficher ou masquer, à quoi joue ce masque, en vérité ?

Je vous laisse trancher ; – )

Sang toi

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All day, she lies in her coffin in her négligé of blood-stained lace. When the sun drops behind the mountains, she yawns and stirs and puts on the only dress she has, her mother’s wedding dress, to sit and read her cards until she grows hungry.

Angela CARTER, The lady of the house of love

Battant ces mois l’pavé liégeois, il me fut donné d’admirer plusieurs fois la juxtaposition lumineuse, merveilleuse, d’un vêtement rose et d’une peau noire. L’rouge plus brun, je connaissais, m’y adonnant depuis qu’ado, j’avais vu la Kriss des Archers en porter. Mais brun et rose, c’était tout autre chose.

Brun, rouge et rose… L’envie de former un ménage à trois me titillait et v’là-t’y pas que l’portrait d’mes menstrues s’y prêtait ? Il fut brossé avec en ligne de mire Correspondance(s)#2, une expo collective made by l’Hangar. Tir loupé mais la décoche était au poil, c’est l’arbitre qui l’a dit ; – )

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Voici, pour les intéressés, comment m’est née l’idée de Rambelle menstruelle. Hématophobes s’abstenir.

« Correspondance(s) » m’a d’abord évoqué le parfait emboitement de deux intimités et le désir qui chez moi est rarement plus puissant qu’en veille de période salissante. Désir puis sang puis… douleur, tuante et tout tuant. Guerre menstruelle, baston en l’con.

 M’est alors revenue en mémoire cette scène de Game of Thrones où Jon l’ignorant se voit rappeler que les filles voient plus de sang que les garçons :

Ygritte: “What’s ‘fainting’?

Jon Snow: “When a girl sees blood and collapses.

Ygritte: “Why would a girl see blood and collapse?

Jon Snow: “Well…not all girls are like you.

Ygritte: “Well, girls see more blood than boys.

 Elle parle règles quand il pense guerre et moi, je ne pense plus guère : je vois Rambo, son affiche, ses parodies et sans crier gare, l’analogie formelle entre la balle et le tampon. Des trous, du sang. La balle est cause, le tampon conséquence. Correspondance.

Correspondance aussi les morpions dessinés désignant par antanaclase la possible présence révélée par l’absence. Perte ou non perte de sang… ou perte tout simplement. Faire avec ou faire sans, à défaut de faire sens.

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Et toujours s’efforcer de voir la vie en j’ose (NDLA).

L’ourse

 

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He was older than I. He was much older than I; there were streaks of pure silver in his dark mane. But his strange, heavy, almost waxen face was not lined by experience. Rather, experience seemed to have washed it perfectly smooth, like a stone on a beach whose fissures have been eroded by successive tides.

Angela CARTER, The bloody chamber

Ces derniers mois, j’ai beaucoup travaillé pour des projets auxquels j’espère participer. Mais espérer n’est plus assez : mes souliers sont usés, ma pomme est chiffonnée. Il faut les requinquer.

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Bref, j’y vais, j’hiverne, et le blog, idem !

Chers Gens, bel An : – )

De Basenhau

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C’est dans une barque que de nombreuses yujo (courtisanes) exerçaient leur métier… Telles des sirènes, elles accostaient les voyageurs qui descendaient les fleuves en ramant à leur rencontre et en chantant pour les attirer.

Agnès GIARD, L’imaginaire érotique au Japon

Je vous confiais samedi mon engouement pour l’association des couleurs turquoise et lie-de vin. Début septembre, ivre encore de cette découverte (et pas mûre), j’en ai teinté Ut’trio la méjugée… par d’autres que moi, qui l’aime assez.

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Trio de sirènes naufrageant les navires et transformant leurs épaves en instruments de musique, musique montant en notes sur des portées, portées-rayons d’un soleil formé de clés d’ut : Ut trio la bien nommée… par plaisir d’avec les mots jouer. Un air de musique était la thématique.

Quatre jours après la chute du verdict, ma boîte aux lettres m’livrait deux exemplaires du magazine PAGE 1, édition 6. Vive joie d’y voir mes images, publiées là pour la première fois.

Na !

Le temps de créer -2-

Portrait naif d'une mariée trépassée

Les roues brillantes de son équipage tournaient sur le pavé pour la conduire à sa prochaine visite. Leur son était parfois assourdi par d’épais tapis de paille : c’était la coutume alors d’en répandre dans les rues devant la porte d’un malade ou d’un mourant.

Cecil BEATON, Cinquante ans d’élégances et d’art de vivre

A contrario, l’idée parfois surgit in-extremis. Ainsi, après avoir passé une pleine nuit à créer des motifs pour un papier peint et une dentelle de mariée morte, j’ai, à l’aube, remplacé ce fatras par des nuages, un soleil, an umbrella.

L’évidence, enfin, était là.

Ah!

Motif crânes

Motif crabes façon toile de Jouy