Rope

Sirènes antiques encordées à leur lit de crânes

J’ai connu à Londres un Anglais qui faisait collection des cordes de pendus. Il avait voyagé dans une portion du globe et dans l’autre ; il avait des correspondants ; par lui et par ses correspondants, il s’était mis en relation avec les bourreaux des quatre parties du monde. Aussitôt un homme pendu en Europe, en Asie, en Afrique ou en Amérique, l’exécuteur coupait un bout de la corde, et envoyait cela avec un brevet d’authenticité à notre collectionneur, lequel en échange lui retournait le prix de son envoi ;

Alexandre DUMAS, Les mariages du père Olifus

Voici rare, si rare fait, un bout d’dessin inachevé, montré non coloré, en traits. Faut avouer qu’l’en-cours et l’brouillonné peuvent souvent si peu cacher que vous les dévoiler ici ne me plait qu’à moitié. Mais l’image en cours ne sera pas de sitôt finalisée alors bon gré mal gré, j’ai risqué.

À vous livrés, ainsi, des crânes moult nombreux croquant par leurs racines des pissenlits, trois cages bientôt dorées plus trois sirènes en plumes et encordées, pendues en sursis surgies, comme qui dix raies, d’un fantastique récit. F. Avis d’ailleurs aux amateurs non de nouvelles mais de légendes, La capote du pendu de Marcellin Lagarde, courte relation des hauts faits d’un singulier vêtement made in Remouchamps, m’avait, ado, fait forte impression.

Sans transition,
Xoxo,
D

La bague aux doigts

Porteuse d'anneau courtisée par une foule de doigts

Take off your golden ring! Your hand’s more fair without it.

J.R.R.TOLKIEN, The Lord of the Rings

Parce qu’il vieux (parfois) motard que jamais, reprise, en cette fin de janvier, de mes activités ; – )

Méduses composées de doigts

Les méduses pour plaire à mon imaginaire et les doigts tatoués pour l’mariage, rapport au titre de l’image. Les ongles, vernis à la semblance des anémones du Llançà de mon adolescence puis une bague ornée, aussi, parce que tu me disais, l’ami, que des joyaux, je n’écrivais plus mot.

Forêt de doigts

Mais enfin, cette belle échevelée dévêtue de dentelles, aimant la bagatelle et courtisée par des doigts… à baguer, d’où diantre a pu m’tomber l’idée d’la dessiner ?

Si j’le savais, eh !

Le fief des fous

Archer pêchant à l'arc

“I wanted to try and think out how it was that rational or even half-rational men could ever have learned to wear armor, considering its inconveniences; and how they had managed to keep up such a fashion for generations when it was plain that what I had suffered to-day they had had to suffer all the days of their lives. I wanted to think that out; and moreover I wanted to think out some way to reform this evil and persuade the people to let the foolish fashion die out;”

Mark TWAIN, A Connecticut Yankee in King Arthur’s Court

Après deux ans de tir groupé, voici que je dessine enfin, dédoublée, la fière équipe de mes dimanches matins. Dans notre bout de bois du bord de la grand-route, j’ai compté plus de moustiques que d’papillons, pas de poissons, un peu d’poison. Et pourtant, pour tant vous dire, du fond de mon temporaire bannissement, je m’méprends à regretter et le lopin et les copains.

Archer tricotant avec des flèches

Au moins, cela me laisse libre de dessiner peaufiné. L’image est grande, cinquante sur quarante centimètres, et j’ai passé sur elle un temps que je ne puis admettre. La bonne nouvelle, c’est qu’elle en jette. La mauvaise, c’est qu’vous n’en verrez ici que des extraits, rapport qu’elle s’rait boudinée dans une colonne prêt-à-porter.

Arbres naifs en forme de flèches et de hiboux

Archer arrosant des flèches-fleurs

( – : Voilà pour la forme.

Le fin du fond est confié à votre libre interprétation : – )

Tir, Adultes, Terrain

Amants s'unissant dans un champ de flèches

“Et ces beaux yeux d’un bleu transparent et humide, ces yeux d’eau, ces deux larges prunelles égarées comme plaintives dans la supplication d’un éternel adieu ?”

Jean LORRAIN, La dame en vert

Je connais ces yeux… bleus mais, fait curieux, les ai longtemps vus verts. Si tu passes par ici, joyeux co-anniversaire, comp’R !

Buissons de flèches

Sans transition (ou si peu), retour à l’image. Une sotte déchirure m’ayant depuis peu forcée à poser l’arc, je me défoule en dessinant des flèches par brassées : flèches-fleurs, aiguilles ou baguettes, soleil, lions et cachalots, cet automne-hiver, qu’on se le dise, Artémis-la-fière hantera les monts de mon imaginaire.

Couple s'aimant en plein air

Retour à l’image, bis. Artémis. Ces archers à la manque, perdus en pleine session de tir, risquent fort de lui déplaire et je l’déplore m’enfin, ils me sont chers, ce n’est pas non plus rien.

À bientôt ou t’ar…chère ; – )

Détresse des tresses

Bucherons équipés de ciseaux dans une forêt de tresses

 ‘Her hair was quite wonderful, I never saw hair so magnificently thick and long when it was down about her shoulders; I have often placed my hands under it, and laughed with wonder at its weight. It was exquisitely fine and soft, and in colour a rich very dark brown, with something of gold. I loved to let it down, tumbling with its own weight, as, in her room, she lay back in her chair talking in her sweet low voice, I used to fold and braid it, and spread it out and play with it. Heavens! If I had but known all!’

Joseph SHERIDAN LE FANU, Carmilla

Sur l’image, une forêt en des tresses, en détresse comme toutes les forêts et comme ma fausse raie sur l’côté. C’est qu’il y a peu, j’ai fait couper court mes cheveux, des cheveux longs depuis longtemps et remontés en chignon, souvent. J’arbore depuis un casque brun, sculpté dans la masse, au poil pour affronter l’été et mon besoin d’être éditée.

Sera-ce assez ?