Être soie

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Botticelli et ses nymphes fleuries ont bousculé l’image de la soie jusqu’alors réservée à des personnages hiératiques et immobiles. La séduction, la célébration de la nature, la grâce l’emportent sur le pouvoir : c’est le double visage de la soie.

Yvonne de SIKE, La soie – Mythologies d’hier et d’aujourd’hui

Je vous avais promis des bobines guillotinées à la langue bien pendue mais les cabèches en verve attendront. Notez qu’il n’est pas question de perdre tout-à-fait le fil puisqu’en fait de bobines, nous causerons chiffons.

Figurez-vous qu’en la fin de janvier, je suis entrée dans un magasin de charité où les costumes de carnaval s’agglutinaient sur deux portants dédiés. Super-tenues inflammables et robes de fée y côtoyaient d’authentiques vêtements nés d’autres cultures : caftans, djellabas, salwar kameez et lourdes soieries venues d’Asie.

Incongru, violent classement.

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Notez qu’un lien peut tout de même être fait entre mes nouvelles peaux de soie et le carnaval puisque les mascarades rurales, c’est la lutte de l’hiver et du printemps, la fertilité, le renouveau. Et que la soie, la soie… « Comment pourrait-on supposer que la sensibilité des hommes et des femmes n’ait pas été touchée par le fascinant processus de la production de la soie, qui rappelle tant les rythmes de la mythologie locale avec la symbolique de la résurrection du papillon ?» (La soie – Mythologies d’hier et d’aujourd’hui).

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J’ai coiffé mes poupées des masques d’argile dont j’aime à me plâtrer. Histoire d’boucler la boucle, v’voyez.

Bonne journée : – )

D’humour et d’eau fraîche

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« Je ne puis regarder attentivement la vie sans éclater de rire, mais quand je ris aux éclats, je souffre abominablement. C’est ma façon de pleurer à moi, qui n’ai pas les yeux faits comme tout le monde »

Jean LORRAIN

Hasard des projets, mes images voient ces temps le jour, seitan : la vie en noir et blanc mais les couleurs, leurs associations, m’inspirent toujours autant. Qu’à cela n’Etienne, mes favorites seront consignées céans et tant qu’à faire, j’leur brosserai le portrait.

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Ici, l’union des couleurs turquoise et lie-de-vin célébrée début septembre dans mon salon, mariage improbable d’un manteau achevant d’sécher sur une chaise et de mon sac jeté sans y penser… à son pied. De quoi le prendre, assurément ; – )

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Et la prêtresse rhabillée d’soie sauvage puis sortie d’mon placard, vous l’aimez ? En vérité, l’été me manque déjà.

Signé : Dauph’rêche (parfois)

PS: Ma Line, l’image au bateau est pour toi et s’appelle “Vent”… comme dans “bon vent”, “prout” et “allons de l’avant” : – )

PPS : En ce format, steak haché presque mais faut l’savoir, c’est important, les ailes des moulins d’avant sont réellement de petites bouches s’poilant.

Orient, riants iris

Transformation de fleurs en papillons

Il obligeait ses victimes à porter des mentonnières faites de rangs de perles, les étouffait sous les renards blancs, les poignardait de plumes d’autruche, les emprisonnait (comme on entrave les jambes d’un cheval pour l’empêcher de s’évader) dans des jupes de harem. Des tuniques laitonnées comme des abat-jour pendaient autour de leurs hanches, de lourdes capes les enveloppaient et elles étaient couvertes de franges et de glands, ainsi que de bijoux barbares. Cet orientalisme violent qui attacha, ligota quelques-unes des femmes les plus respectables de Paris, est encore plus étonnant lorsqu’on sait que Poiret, à l’époque, n’avait encore jamais quitté la France.

Cecil BEATON, Cinquante ans d’élégances et d’art de vivre

Plusieurs fins de soirées passées à me délecter d’une traduction du Glass of Fashion de Cecil Beaton achetée au hasard d’une librairie d’occasion. Le photographe m’était inconnu, le ton de l’auteur m’a beaucoup plu.

Pour fêter cette trouvaille de quatre sous, retour timide des intermèdes textiles avec, ci-dessous, jamais-deux-sans-trois autoportraits de moi en robe et enrobée, trois tenues pour me rappeler ma plaisante mais pluvieuse, pluvieuse mais plaisante escapade à Nancy-belle-en-ce-miroir:

Tenues inspirées par Poiret et l'orientalisme

Et ce second extrait:

Aussi quelque choix que le goût individuel puisse faire, fût-ce à propos d’un escabeau ou d’un panier d’osier, il procédera toujours d’un choix initial plus profond, il traduira un besoin de l’esprit par lequel une valeur particulière est conférée à cet escabeau ou à ce panier. La beauté de ces choses nous deviendra perceptible à travers la personnalité de celui qui les aura choisies. C’est dans nos choix que nous révélons le plus profond de notre nature et une individualité véritable peut nous faire voir les objets de son choix avec des yeux nouveaux, avec ses yeux.

Ce n’est qu’ainsi voulu et vécu qu’Instagram, à mes yeux, présente un intérêt. Traduction: j’acquiesce. Traduction d’la traduction: j’dis yes!

Bon printemps,
D

Phosphorus

Gemmes taillées servies dans une assiette

“On that evening I distinctly saw a luminous ribbon issuing from dear Miss Arundell’s mouth! Then her head became enveloped in a luminous mist”

Agatha CHRISTIE, Hercule Poirot – Dumb Witness

J’ai, en cette fin d’hiver, faim de vert. Ça a commencé avec des soupes à boire au petit-déjeuner, puis avec une chemise prêt(e)-à-porter d’un vert Reviens-moi et d’autres soieries vertes qui courraient dans l’herbe m’ont souri et, dans mon armoire, ont atterri.

Ça s’est poursuivi avec ma découverte, sur thesartorialist.com, de cette photographie de feue Manuela PAVESI (que vous voyez ci-bas) qui m’plut tant et si bien, qui plut tant à ma main, qu’nous nous fendîmes d’l’image/hommage de joyau repas (que vous voyez ci-haut).

Homme vêtu de kaki, d'argent et de vert gazon

Vers quoi cela me mènera-t-il, sinon un désastre… vestimentaire (mon cher Watson) ? En attendant de trouver réponse à cette question, en souhaitant que les feuilles, toujours, reviennent aux branches, je vous dis à bientôt, mes beaux, et m’en retourne espérer comme je respire.

Tenues mêlant kaki et vert gazon

Cûtes peûres di Lîdge

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Le mois dernier, j’ai acheté d’occase une robe couleur de poires cuites, spécialité liégeoise et délice automnal aux saveurs d’une enfance que je ne regrette pourtant pas. J’ai dessiné la robe mais la robe n’est rien sans les feuilles de l’automne et feue la foire d’octobre, sans ma ville vue d’en haut et la nocturne des coteaux. J’aurais voulu vous dessiner tout ça, causer conso et fantastique, aussi. J’aurais voulu mais je ne l’ai pas fait.

Changement de rythme

Mon blog a bientôt deux ans et je suis sans cesse tiraillée entre l’envie de l’embellir et la nécessité de le négliger. Il me fallait trancher, j’ai préféré couper la poire en deux et décidé de publier moins pour publier mieux et commenter, enfin, les blogs que je suis. Cela se traduira, dès janvier, par un article unique publié ici le premier jour de chaque mois (et l’ouverture d’un microblog où nicheront bribes et brouillons) (peut-être). Edit du 24/08/2016: ah… ah… attendrissante naïveté ; – )

Robe à motif de poires cuites

L’idée vous plaît-elle autant qu’à moi ? Et, sans indiscrétion, comment vivez-vous votre propre blog?

D