La sirène et ma p’tite laine

Couverture artisanale en laine de Tlemcen(Ou le grand retour de mon alter ego stylé jusqu’à la pointe des nageoires !)

Comment, en effet, résister aux sirènes de l’automne si ce n’est en s’habillant comme l’une d’elles, la rousse Ariel ? J’ai troqué la voilure et la corde pour une couverture tlemcenienne et une ceinture kabyle, présents chéris de la Wonder Hania, la chevelure de feu pour une touffe informe, le corps svelte pour les courbes d’un cache à l’eau mais… il suffit d’y croire, pas vrai ? Isn’t my “working from my badly insulated home and stuck behind a desk all day” garb somehow reminiscent of Ariel’s old sail and rope dress? Both the Tlemcenian blanket and Kabyle belt are gifts from a dear friend and real life Wonder Woman : – )  

Couverture nouée à la mode d'Ariel

Et puisqu’on parle chiffons… Les illustrations de mode à la mode ne ressemblent-elles pas parfois un peu trop à des dessins de vêtements, fards et accessoires, texturés et en couleurs, portés par une femme prétexte et porte-manteau, esquissée au trait ? Je préfère quand le vêtement est le prétexte et prétexte, comme chez Georges Barbier, à la création d’une image belle à part entière, où l’œil peut vagabonder et où l’imaginaire n’est pas réduit à convoiter ce qui lui est montré.

Ariel, voile déchirée et cordage

Couverture tissée artisanalement à Tlemcen

Mais les belles images prennent du temps et le temps, il paraitrait que c’est de l’argent. La suite cet automne, ici même et… en images !

( – : Prenez soin de vous : – ) ( – : Thank you for visiting my blog : – )

Intermède textile… # 2

Alors que déjà s’étiolent les voiles de l’été, voici, ô lectorat, un aperçu de mes tenues du printemps dernier, inhabituellement sec et chaud. Comme d’habitude, tout ou presque fut acheté de seconde-main, de la jupe en soie au gilet en cachemire, en passant par le pantalon rayé en lin et les bottines en cuir. Last spring was surprisingly summery and so were my second-hand clothes… starting with these oh-so-comfy and wrinkle-free linen trousers. I bought them in a charity shop the day before flying to Algeria and have been channeling my inner-Obelix ever since ; – )

Tenues dessinées pour ne pas transpirer

Talking about purchasing stuff, Guillaume Carnino writes that “First, advertising formats all consciences to desire, think and even perceive the world similarly. Then, to cure this loss of individuality, it offers “remedies” that accentuate the massification and thus the desire for individuality”. In short, “The more I consume, the more I become like anyone else and the more I feel the need to consume (ever newer, trendier and hyper things) in order to differentiate myself”. Et parce que penser à se saper, c’est bien, mais que penser tout court, ça n’mange pas d’pain, voici, sans transition ni plus attendre, un extrait récemment lu et apprécié de Divertir pour dominer – la culture de masse contre les peuples, aux Éditions l’Échappée :

Tout d’abord, la publicité formate toutes les consciences à désirer, penser et même percevoir le monde de façon similaire. Ensuite, face à cette perte d’individualité, elle propose des « remèdes » qui accentuent au contraire la massification, donc l’envie d’individualité. En gros, lorsqu’une marque de chaussures vante la vie sportive et extrême comme si elle était l’apanage d’une « élite », elle va générer une masse d’attentes et de symboles identiques chez toute une partie de la population, qui se dirigera vers ses produits, afin justement de se distinguer : la pub rend tout le monde identique, et elle le fait en faisant croire que la consommation est le lieu de la distinction avec les autres. C’est la toute la puissance de ce cercle vicieux : plus je consomme, plus je suis identique et plus je dois consommer (toujours plus nouveau, toujours plus « à la mode », toujours plus « hype ») pour justement me différencier des autres.

Guillaume CARNINO, “Le contrôle par la consommation”

Tenues illustrées pour se protéger du soleil

L’idée n’est pas neuve, je vous l’accorde, mais elle a ici le mérite d’être clairement formulée, non ? Après, pour se distinguer consomme-t-on, là-dessus varient les opinions mais ne sont-ils guère inquiétants, ne vous ont-ils jamais troublés, ces intérieurs « tellement moi » qui, lestés de mappemondes (check !), de faux trophées animaliers (check, check !) et de guirlandes lumineuses, parés de cloches en verre et de cadres en grappes, finissent curieusement par se ressembler ? Les images encadrées peuvent bien varier, refléter ou non l’imaginaire de leurs propriétaires, leur accumulation verticale n’est-elle pas une mode qui, pour le profane, rend ces murs empesés tous semblables ? Un peu, beaucoup, souvent, parfois… Oserais-je vous demander ce que vous en pensez ? That’s something I’ve thought about a lot lately: how, for instance, many interiors tend to look somehow similar despite/thanks to their owners’ sustained efforts to express their personality through them. Maps, globes and glass globes, fairy lights, faux animal heads and gallery walls, anyone?

Tenues dessinées pour affronter l'été

My point is, this whole “expressing oneself through one’s purchases” trend seems rather tricky, doesn’t it? Pour ma part, j’en conclus prudemment que consommer pour s’exprimer est une entreprise risquée et vous dit à la revoyure pour, bientôt, de nouvelles aventures !

PS : Avis aux amateurs de bédés, La page blanche, avec BOULET au scénario et Pénélope BAGIEU au dessin, parle ci et là aussi de ça.

Intermède textile… # 1

Le printemps est en avance, très en avance même. Mais avant de faire péter la sandalette, Dauphine-la-frileuse a décidé de rendre un dernier hommage à ses gros pulls… parce qu’ils le valent bien. Un bilan textile, ça vous dit? What I wore this winter and how thrifting has taught me to favor quality over quantity and enjoy what I already have… even if it’s not “perfect”. Sorry for the lack of proper English translation, by the way. I’ll do better next time, I promise!  

HIVER 2014, DAUPHINE D’EXTÉRIEUR

Tenues dessinées autour d'un manteau noir

Alors, la Raisin déambulant un soir d’hiver sur le pavé liégeois, ça donne quoi ? Une silhouette confortable et passe-partout, la même depuis 2011:

Long manteau noir + pseudo-chapka s’il gèle et chapeau à larges bords s’il pleut + écharpe plus ou moins chaude et chatoyante + paire de bottes douloureusement déglinguées.

RAISIN D’INTÉRIEUR, HIVER 2014

Tenues illustrées pour affronter l'hiver

Acheter de seconde-main en général et vintage en particulier m’a rendue à la fois plus exigeante en termes de qualité et plus encline à me satisfaire d’un « assez bien ».

Ainsi, l’épais pull orange dessiné ci-dessus. Acheté 30 francs dans un charity shop zurichois, ce pull en cachemire 16 fils est vachement doux, follement chaud et accessoirement un peu… bah, plus Joconde qu’Ondine, quoi. C’est surtout qu’entre la couleur saumonée, les épaules tombantes et la coupe bouffante, on ne peut pas dire que cette maille m’aille mais elle me tient chaud. Le perfectionnisme, c’est bon pour le boulot ; – ) 

Tenues illustrées pour supporter le froid

Toujours dans la rubrique “le seconde-main a changé ma vie”, j’appelle les vêtements en laine : chauds, respirants et sans odeur. Niveau éthique, ce n’est pas le top – rapport au museling et autres joyeusetés – mais en l’absence d’alternatives viables, je me contente pour l’instant (et sans mauvais jeu de mot) de suivre le troupeau… Si vous avez des pistes autres qu’un jean avec 10% de fibre d’ortie, les commentaires vous sont ouverts : – )   

Voilà, voilà. On se donne rendez-vous le 21 pour fêter, en images, la vraie arrivée du printemps ?

D

Poule mouillée

Escargots dérobant un parapluie

Cette tenue délicieusement anachronique et pré-cagnard vous est joyeusement présentée par Mademoiselle D. R. (qui ficha effectivement son parapluie dans les rosiers en s’efforçant d’éviter des escargots suicidaires) (Mademoiselle D. R. n’est pas multi-tasking, c’est le moins que l’on puisse dire).

Before the heat was the rain, and when it rained, it really was a challenge to cross the garden without crushing snails inadvertently. Being distracted by those gorgeous roses didn’t help either ;-)

Le zombie dans la salle de bain

Sirène dévorant des poissons dans une salle de bain

CE QUE JE ne PORTAIS pas, avant-avant-avant-hier midi pour me délecter de hareng mariné dans une sauce yaourt-betterave au fort potentiel salissant.

Une fois n’est pas coutume, les couleurs ressortent affreusement mal online mais étant un peu fatiguée de la souris et ayant, somme toute, d’autres chats à fouetter, je vous tire ma révérence et vous dit à bientôt !

Repas rose, blanc, vert dont les couleurs ont inspiré mon travail

PS: L’illustration du jour est un hommage tarabiscoté à ma marotte cinématographique du moment, Zombie Honeymoon de David Gebroe, où ledit zombie dîne préférentiellement dans… une douche.