( – : Hardi Henrik : – )

Portrait naif de marin embijouté

Retour en douceur avec une nouvelle image, la deuxième d’une série que j’aimerais longue. Croiserez-vous les doigts pour moi ? Here is a new drawing and maybe a new postcard; if the gods of stationery agree that is ; – )

Verre turquoise au zion canyon

Cinq ans après les avoir touchés, ces morceaux de verre vendus à la pesée me font encore rêver et m’évoquent en vrac mon songe américain, les mineurs de Blanche-Neige et les mines de Prydain. I’m no Glew (think Prydain and the Black Cauldron) but when I came across these enchanting glass rocks five years ago, I wanted to buy them all. I couldn’t afford carrying any but they’ve adorned the Realm of my imagination ever since : – )

Vente de verre en bord de route

Ah, Prydain!

The former giant was not disappointed, for soon the torchlight glinted on other gems half-buried in the ground or protruding from walls. Glew fell upon them instantly, scrabbling away with his pudgy fingers and popping the glittering crystals into his sack. With each new find he grew more exited, giggling and mumbling to himself.
The bard looked pityingly at him. “Well,” he sighed, “the little weasel has at last sniffed out something to profit himself. Much good it may do him once we’re above ground again. A handful of rocks! The only use I can see is if he throws them at the Cauldron-Born.”
But Glew, absorbed in gathering as many gems as quickly as he could, paid no heed to Flewddur’s remarks. In little time the former giant’s pouch was crammed with jewels of bright red and brilliant green, with gems clear as water or, in their glittering depths, flecked with gold and silver.
Taran’s thoughts were not on the abandoned riches of the mine, although the jewels seemed to grow more plentiful as the long column of warriors made their way farther into the tunnel.

(Lloyd ALEXANDER, The chronicles of Prydain – Book 5 – The High King)

Blocs de verre vendus à la pesée

L’Henrik du dessin aimant la verroterie, je lui et vous dédie ces joyaux croisés au hasard d’une vie et d’un imaginaire de vieille enfant. Thanks for visiting my blog, be careful on your way back : – )

Il faut vouivre, Francine!

Vieille dame parée de nombreux bijoux

Voici ma grand-mère Francine qui n’est pas une quiche mais fut souvent roulée dans la farine. Je lui ai tiré le portrait pour un projet qui aura je l’espère, moins d’insuccès que les précédents. Voici aussi un stock de gemmes en toc, les siennes et puis les miennes, dont les couleurs s’harmonisent avec celles du dessin. Voici enfin trois longs extraits de La Vouivre, l’œuvre qui me fit aimer Marcel AYMÉ. Elle n’est paraît-il pas sa meilleure, elle garde pourtant ma préférence et saura peut-être gagner la vôtre. Today is Sunday, it’s raining and this blog is in great danger of losing its sparkle. But do not despair, lovely readers, here are three jewels related tidbits: a drawing of my beloved grandma Francine who likes gardening and collecting, a picture of some trinkets she once gifted me and some excerpts of La Vouivre by Marcel Aymé, the French king of magical realism; his Vouivre being a nymph whose fair head is adorned with a priceless ruby. The novel has not been translated into English yet but some of his short stories were and are very well worth discovering.

La Vouivre, ainsi.

Dryade et naïade, indifférente aux travaux des hommes, elle parcourt les monts et les plaines du Jura, se baignant aux rivières, aux torrents, aux lacs, aux étangs. Elle porte sur ses cheveux un diadème orné d’un gros rubis, si pur que tout l’or du monde suffirait à peine à en payer le prix. Ce trésor, la Vouivre ne s’en sépare jamais que pendant le temps de ses ablutions. Avant d’entrer dans l’eau, elle ôte son diadème et l’abandonne avec sa robe sur le rivage. C’est l’instant que choisissent les audacieux pour tenter de s’emparer du joyau, mais l’entreprise est presque surement vouée à l’échec. À peine le ravisseur a-t-il pris la fuite que des milliers de serpents, surgis de toutes parts, se mettent à ses trousses et la seule chance qu’il ait alors de sauver sa peau est de se défaire du rubis en jetant loin de lui le diadème de la Vouivre. Certains, auxquels le désir d’être riche fait perdre la tête, ne se résignent pas à lâcher leur butin et se laissent dévorer par les serpents.

Ma collection de gemmes en toc

La Vouivre, donc. La Vouivre libre et immortelle, la Vouivre descendue des sommets et qui hante la plaine…

Le curé avait dû constater, la rage au cœur, qu’il n’y avait chez ces gens-là pas la moindre trace d’un effroi sacré. C’était bien toujours la même chanson. Ils s’étaient habitués à la Vouivre, ils l’avaient déjà digérée. Sur le plan pratique, ils s’en accommodaient avec une indéniable sagesse, une sagesse conforme à l’esprit du dogme chrétien, c’était bien le plus enrageant. D’autre part, ils avaient rangé leurs certitudes à l’égard de son existence dans une cloison étanche de leur conscience, là où elles ne risquaient pas de provoquer un accès de fièvre religieuse : et ce, avec la même aisance des générations passées conciliant, dans un ordre inverse, superstition et religion. Rien à espérer de ces paysans. C’était la pente mystique qui manquait. Du reste, ils ne s’étaient pas montrés hostiles à l’idée d’une procession. Mais ils ne s’y étaient pas attachés non plus. Au plus fort de la moisson, ils avaient des préoccupations autrement importantes.

La Vouivre, roman de Marcel Aymé

Mon exemplaire, acheté chez Oxfam, est enrichi d’enchanteresses illustrations signées D.A. STEILEN. Cela ne gâte rien, vive le seconde-main!

La Vouivre sur laquelle glissent les sentiments et qui se demande ce que c’est finalement que d’être humain:

Moi, qui ai vu apparaitre les premiers hommes dans le Jura et se succéder des milliers de générations, tu penseras peut-être que je les connais mieux que personne. La vérité, c’est que vous m’avez toujours étonnée. Il y a dans vos têtes quelque chose qui n’est pas dans la mienne, quelque chose que je sentais déjà chez les hommes des cavernes, et je voudrais bien savoir quoi. Quand je suis avec toi, j’attends toujours que tu me l’apprennes.

L’apprendra-t-elle ?

Qui lira l’saura et qui vouivra verra, les amis… Prenez soin de vous : – ) Merci for visiting my blog, take care!

Cheveux épars et parures en cheveux

Coiffure imitant une tête d'âne

L’image est un vieux machin moche, l’article fait suite à celui titré Cheveux épars ou parures en cheveux dans lequel je vous parlais de mon intérêt pour les chevelures fantastiques et les bijoux en cheveux. Il y avait des oublis, il y a du nouveau, voici ma fournée bis de tresses briochées !

*** LES BIJOUX EN CHEVEUX, UNE FASCINATION CONTINUÉE *** MY FASCINATION WITH HAIRWORK, A FOLLOWING ***

7. « Comme il est mignon, son poignet qu’enserre un bracelet de cheveux! » (GOGOL, La perspective Nievski/Nievsky prospect) ‘How lovely her arm encircled by a bracelet of hair !’.

8. Stupeur, tremblements, coup de génie et…et…que dire sans en dire trop si ce n’est que, de M. R. JAMES, les histoires et les revenants m’ont irrémédiablement séduite. Extrait:

‘After his aunt had gone James Denton devoted a few minutes to examining the pattern more closely than he had yet had a chance of doing. He was puzzled to think why it should have struck Miss Denton so forcibly. It seemed to him not specially remarkable or pretty. No doubt it was suitable enough for a curtain pattern: it ran in vertical bands, and there was some indication that these were intended to converge at the top. She was right, too, in thinking that these main bands resembled rippling – almost curling – tresses of hair’

M. R. JAMES, “The Diary of Mr Poynter”

And this, lovely readers, is a must read!

9. La duchesse d’Avila, une étonnante série seventies adaptée du Manuscrit trouvé à Saragosse, le roman somme de Jean POTOCKI, suit les aventures du jeune Alphonse van Worden y Gomélez dans le désert andalou. Un désert pas si désert que ça puisqu’il y reçoit, nuitamment, la visite de deux charmantes créatures se prétendant ses cousines… Have you ever heard of the Manuscript found in Saragossa, a fantastic novel written by Jan Potocki at the dawn of the 19th Century? This Manuscript was adapted in the 70’s into a television mini-series in France (‘La duchesse d’Avila’) following the young Alfonse’s wilderness wanderings and his nightly encounters with two intriguing creatures posing as his cousins.

Collier en cheveux offert au héro de la Duchesse d'Avila

At one point they give him a necklace made of their own hair… for protection they say and also to prevent him from being unfaithful : « En attendant je mets à votre cou cette tresse, issue de mes cheveux et de ceux de ma sœur, et le talisman qui y est attaché préserve aussi de l’inconstance, du moins si quelque chose peut en préserver les hommes »

Alphonse van Worden portant au cou un collier de cheveux

L’imperturbable Alphonse assiste ensuite à une chorégraphie diablement osée, pour ne pas dire olé-olé. He then witnesses a daring choreographic performance.

Collier en cheveux transformé en corde de pendu

Au matin, notre héros s’éveille au pied du gibet des frères Zoto, pendus de sinistre renommée, en compagnie d’un kabbaliste. He wakes up the next morning under an infamous gibbet with a rope tied around his neck.

Collier en cheveux devenu corde de pendu

So does a fellow wanderer. Il croit devoir rassurer son compagnon d’infortune mais celui-ci, aussitôt, l’en détrompe : « Je n’ai pas peur, jeune homme ! À mon âge, on a connu d’autres choses. Toutefois, on entend dire que dans l’étude de la kabbale, on est sujet à de fâcheuses méprises. Les mauvais génies savent prendre tant de formes qu’on ne sait plus à qui on a affaire. Mais… pourquoi ai-je une corde autour du cou ? Je croyais y avoir une tresse de fleurs. Vous, vous êtes bien jeune pour être kabbaliste, mais vous avez aussi une corde au cou ».

8. Enfin, “Bernice Bobs Her Hair”, une cruelle nouvelle écrite par le grand FITZGERALD en personne, où une anti-héroïne riche et godiche adopte la coupe au bol pour être adoptée par des fêtards branchés. Bernice Bobs her Hair might very well be my favorite short story by Fitzgerald the Great. The truth is there’s something about this awkward girl bobbing her hair to befriend the popular crowd that rings true and sadly familiar to my teenage self.

Belle semaine : – )

Fenêtre d’un jour d’été

Se protéger du soleil en collant des journaux sur la vitre

Aujourd’hui, la notion idéologique de classe moyenne domine la société. Son objectif est de convaincre la majeure partie de la population qu’elle participe d’une grande famille. Les valeurs de cet égotisme sacralisé et célébré au sein de cette idéologie sont mises en scène dans le culte maniaque de l’hygiène et de la sécurité, l’exaltation de la valeur travail, au sein de laquelle la fonction se confond avec l’existence, et, naturellement, la propriété privée comme sanctuaire de la marchandise.

Propos de Jean-Luc DEBRY recueillis par Cédric BIAGINI in Divertir pour dominer – la culture de masse contre les peuples, Éditions L’Échappée, 2010.

Ce matin, mon appart’ avait, je vous l’avoue, de faux-airs de sanctuaire ; – ) À ce propos… Vous ai-je déjà parlé de mon picturesque appart’ non isolé où les hivers sont bien trop froids pour moi et les étés bien trop chauds pour mon PC ? En ces jours de juillet, Il m’est ainsi difficile d’alimenter ce blog régulièrement, mais j’espère vous revenir bientôt avec une simplissime recette de soupe au citron, un intermède textile et… de nouvelles images, pardi ! Hello dear readers, how’s July met your expectations so far? On this side of the screen, the heath’s once more threatening my laptop and my productivity but fear not (aha, as if), I’ll be back soon with a delicious lemon-soup recipe, a textile interlude and… new drawings, of course!  

Tenues estivales

Je profite de mon passage ici pour vous conseiller ma lecture du moment, les hypnotisantes Ghost stories de M. R. JAMES, que vous connaissez peut-être aussi comme l’éditeur des nouvelles gothiques de Joseph SHERIDAN LE FANU. Pour citer Sir John Betjeman : ‘If you like a well-told story redolent of the England of horse carriages and branch railway lines; if old churches and old houses delight you; if evil things, with hairy arms and talons alarm you; if you believe in haunting horror, or if you do not, buy this book’. Thanks to a recent visit in Robert’s Books, a second-hand English bookshop in Riga, I finally got my hands on M. R. James’ mesmerizing Ghost Stories and haven’t put this gem of a book down since then. Have you read it?

Ghost stories de M. R. James

 Adieu, adieu, adieu! And… remember me?

Paradjanov et la joyeuse aux joyaux

Brouillon et dessin final encré

Dauphine Raisin hier matin ou l’art de perdre son temps et de gaspiller du papier… Les photos parlent d’elles-mêmes. Is perfectionism a blessing or a curse? Sometimes I wonder, wander and get lost.   

Amoncellement de brouillons successifs

À part ça, j’ai aussi tiré mes premières flèches sous la pluie, goûté un délicieux cake aux lentilles et découvert la magie des films de Paradjanov. Indecent as it may sound, I’ve felt rather unhappy lately but shooting arrows under the pouring rain, spending evenings with friends and discovering Paradjanov’s magical world managed to cheer me up somehow.

La légende de la forteresse de Souram, film de Paradjanov

Et de votre côté, l’été se passe bien? What about you, any great experience or discovery you’d like to share?