Pavé num’éric (dans la mare)

 

Dauphine-raisin-pouf

Grâce à Ligozzi, le monde naturel et fantasmagorique des pierres, exhumées des entrailles de la terre, s’entrouvre pour accueillir et interpréter d’autres expressions très colorées de la nature qui parsèment la terre, telles les fleurs, ou ponctuent le ciel, comme les oiseaux.

Annamaria GIUSTI, La marqueterie de pierres dures

C’est en un palazzo de la Sérénissime, le Ca’Rezzonico, musée du Seicento, que mon attention pour la première fois s’est fixée sur le commesso di piètre dure, la mosaïque florentine, marqueterie et presque peinture de pierres dures (par opposition aux marbres, tendres). Dans la Florence d’il y a cinq ans, j’en avais vu sans y voir goutte, sans y goûter : les chichiteuses pierres de la chapelle des Princes m’avaient laissée de marbre. À Venise, j’ai regardé.

Faut dire qu’l’allure d’la mosaïque était fort autre et le timing, parfait : ayant décidé peu avant, la veille précisément, de faire se rencontrer mon style et celui d’un projet, j’errais là, cogitant donc étang, me demandant d’quels traits doter leurs rejetons. Délester mes images de leur noire bordure, soit, mais comment m’assurer que cela fait, elles portent encore ma patte ?

La solution, j’en avais l’intuition, était à piocher en ma façon particulière de colorer, de mettre en motif plutôt qu’en couleur. Mais des mouflets, flous restaient les traits. Et d’l’évidence, le sentiment m’manquait. Frustrant, éminemment.

Un puis deux plateaux de table marquetés plus tard, j’exultais.

Renseignements pris dans La marqueterie de Pierres dures d’Annamaria Giusti, la mosaïque qui me séduit est celle à la mode de Jacopo Ligozzi : formes simplifiées, précision botanique, « aplats chromatiques limpides et nets » sur « fond nocturne si resplendissant» en marbre noir des Flandres.

giusti-mosaique-florentine

Mais la vraie joie, le luxe roi, n’est-ce pas aussi d’s’aventurer parfois par-delà le j’aime/j’n’aime pas ? De prendre le temps d’apprendre, d’apprendre comme ici, commessi, d’apprendre par exemple comment on est passé, sous François d’Médicis, de l’engouement pour les marbres romains au goût maitrisé pour les pierres marquetées? Et comment ce goût a jusqu’à nous évolué?

Ce livre pour cela est parfait et parfaitement illustré.

Une mine, une vraie ; – )

(Gueule de) bois de vote

dauphine-raisin-haie

Anyone can count those trees –there are hundreds if not thousands of them. But although it has many parts, this stand is really one single organism. Under the ground the “tree” is continuous. It forms a connected structure with many upright shoots that emerge from the soil, straining our everyday notion of a single tree.

Lynn MARGULIS and Dorion SAGAN, Aquiring genomes- A theory of the origin of species

Ma feuille, c’est ainsi que me bien nomme l’un saigneur d’mon bosquet. Par quoi ce nom lui fut-il inspiré et pourquoi, sitôt reçu, a-t-il résonné vrai ? Miss terre et boule de gomme… arabique (puisque la guimauve, ah !).

Mais figurez-vous qu’en septembre dernier, cette feuille en a croisé d’autres qui l’ont fort intriguée : l’endroit était le Rudolfinum de Ljubljana et les feuilles, des feuilles en argent, des feuilles romaines, des feuilles… votives. Fallait-il là comprendre que cet empire, cet autre empire en « ain » avait, lui, le vote chic jusqu’au bout d’ses bulletins ?

feuilles-votives-godic-slovenie

Que nenni, non pas, Nenni-da ! Ces plaquettes précieuses étaient réellement des offrandes faites aux dieux, en leurs temples, par des fidèles en demande ou reconnaissants. Miss univers et bubble gum, notez, sur le pourquoi du choix de cette forme…

… forme qui m’était familière, et pas pour rien. C’est en découvrant leur image à l’écran que le franc est tombé : ces feuilles argentées m’en rappelaient d’autres acquises autrefois à Bujumbura et portées en collier du temps où la forêt de mon imaginaire venait d’être plantée.

feuilles-metal

Bonne soirée : – )

La bague aux doigts

Porteuse d'anneau courtisée par une foule de doigts

Take off your golden ring! Your hand’s more fair without it.

J.R.R.TOLKIEN, The Lord of the Rings

Parce qu’il vieux (parfois) motard que jamais, reprise, en cette fin de janvier, de mes activités ; – )

Méduses composées de doigts

Les méduses pour plaire à mon imaginaire et les doigts tatoués pour l’mariage, rapport au titre de l’image. Les ongles, vernis à la semblance des anémones du Llançà de mon adolescence puis une bague ornée, aussi, parce que tu me disais, l’ami, que des joyaux, je n’écrivais plus mot.

Forêt de doigts

Mais enfin, cette belle échevelée dévêtue de dentelles, aimant la bagatelle et courtisée par des doigts… à baguer, d’où diantre a pu m’tomber l’idée d’la dessiner ?

Si j’le savais, eh !

Phosphorus

Gemmes taillées servies dans une assiette

“On that evening I distinctly saw a luminous ribbon issuing from dear Miss Arundell’s mouth! Then her head became enveloped in a luminous mist”

Agatha CHRISTIE, Hercule Poirot – Dumb Witness

J’ai, en cette fin d’hiver, faim de vert. Ça a commencé avec des soupes à boire au petit-déjeuner, puis avec une chemise prêt(e)-à-porter d’un vert Reviens-moi et d’autres soieries vertes qui courraient dans l’herbe m’ont souri et, dans mon armoire, ont atterri.

Ça s’est poursuivi avec ma découverte, sur thesartorialist.com, de cette photographie de feue Manuela PAVESI (que vous voyez ci-bas) qui m’plut tant et si bien, qui plut tant à ma main, qu’nous nous fendîmes d’l’image/hommage de joyau repas (que vous voyez ci-haut).

Homme vêtu de kaki, d'argent et de vert gazon

Vers quoi cela me mènera-t-il, sinon un désastre… vestimentaire (mon cher Watson) ? En attendant de trouver réponse à cette question, en souhaitant que les feuilles, toujours, reviennent aux branches, je vous dis à bientôt, mes beaux, et m’en retourne espérer comme je respire.

Tenues mêlant kaki et vert gazon

( – : Hardi Henrik : – )

Portrait naif de marin embijouté

Retour en douceur avec une nouvelle image, la deuxième d’une série que j’aimerais longue. Croiserez-vous les doigts pour moi ? Here is a new drawing and maybe a new postcard; if the gods of stationery agree that is ; – )

Verre turquoise au zion canyon

Cinq ans après les avoir touchés, ces morceaux de verre vendus à la pesée me font encore rêver et m’évoquent en vrac mon songe américain, les mineurs de Blanche-Neige et les mines de Prydain. I’m no Glew (think Prydain and the Black Cauldron) but when I came across these enchanting glass rocks five years ago, I wanted to buy them all. I couldn’t afford carrying any but they’ve adorned the Realm of my imagination ever since : – )

Vente de verre en bord de route

Ah, Prydain!

The former giant was not disappointed, for soon the torchlight glinted on other gems half-buried in the ground or protruding from walls. Glew fell upon them instantly, scrabbling away with his pudgy fingers and popping the glittering crystals into his sack. With each new find he grew more exited, giggling and mumbling to himself.
The bard looked pityingly at him. “Well,” he sighed, “the little weasel has at last sniffed out something to profit himself. Much good it may do him once we’re above ground again. A handful of rocks! The only use I can see is if he throws them at the Cauldron-Born.”
But Glew, absorbed in gathering as many gems as quickly as he could, paid no heed to Flewddur’s remarks. In little time the former giant’s pouch was crammed with jewels of bright red and brilliant green, with gems clear as water or, in their glittering depths, flecked with gold and silver.
Taran’s thoughts were not on the abandoned riches of the mine, although the jewels seemed to grow more plentiful as the long column of warriors made their way farther into the tunnel.

(Lloyd ALEXANDER, The chronicles of Prydain – Book 5 – The High King)

Blocs de verre vendus à la pesée

L’Henrik du dessin aimant la verroterie, je lui et vous dédie ces joyaux croisés au hasard d’une vie et d’un imaginaire de vieille enfant. Thanks for visiting my blog, be careful on your way back : – )