Poils de Poirot

dauphine-raisin-moustache

‘Mademoiselle Penn –the effect is charming. But you should really grow a moustache.’

Double sin, Agatha CHRISTIE

Un soir récent, Morphée tardait et, bercée par le Poirot d’David Suchet, je poireautais, quand soudain parurent, au verso de miniatures, les mèches des maréchaux portraiturés. Double sin était titré cet épisode dans lequel douze précieux médaillons faits sous Napoléon filent – l’oserais-je ? – à l’anglaise.

Double pêché rencontre pêché mignon : c’est une nouvelle apparition pour ma collection virtuelle de toisons.

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Agatha, ainsi, m’a gâtée… par adaptation interposée puisqu’en Double sin l’ancienne, c’est-à-dire la nouvelle, les roublards sont pareillement de mèche mais, suspense oblige, personne ne la vend et il est question uniquement de miniatures peintes par Cosway.

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Arrivée d’hair chi… gnon ?

Alors, je prendrai…

Exposition Close-Up sur le thème du Départ
… départ du gâteau, s’il-vous-plait bien, et puis, cerise sur icelui, une expo collective au BRONKS ce samedi (Close Up #5). Thème, le voyage, sous-thème, le départ… au tombeau, vous diraient mes images.

Oracle jeté par-dessus bord

Capitulation des sirènes

Je t’ai aimé, souviens-t’en ; quand tu seras par trop las, quand vraiment tu n’en pourras plus, tu n’auras qu’à te pencher sur la mer et à m’appeler : je serai toujours là car je suis partout, et ta soif de sommeil sera comblée.

Le professeur et la sirène, Giuseppe Tomasi Di LAMPEDUSA

Pourquoi est-ce à ce départ-là que j’ai pensé ? Tout ce que j’en sais, c’est que mon grand-père, libéré, délivré d’Alzheimer il y a deux étés, avait grand peur de la mise en terre. Je sais aussi que son départ est venu bien tard et que lui est mort seul en unité de psychogériatrie. Terrifié, probablement.

Pourquoi est-ce à ce départ-là… ? Parce que, comme la sirène au professeur, je lui devais, je crois, la mer ; la mer et l’image des fleurs dont jamais encore je n’ai garni sa tombe.

Epoux se passant la corde au cou

Voici ma dette réglée et l’ambiance… plombée ?
Que non, crénom !
Je n’ai juste pas noyé l’poisson ; – )

Merci à Audrey et  Mangoo Pickle pour l’invitation et la tip-topissime organisation : – )

Une blonde émoustillante

Jeune femme auréolée d'une cascade de cheveux blonds

The figure has paused again, and half on the bed and half out of it that young girl lies trembling. Her long hair streams across the entire width of the bed. As she has slowly moved along she has left it streaming across the pillows […] With a sudden rush that could not be foreseen – with a strange howling cry that was enough to awaken terror in every breast, the figure seized the long tresses of her hair, and twining them round his bony hands he held her to the bed.

James RYMER or Thomas PREST, Varney the Vampire

Une blonde émoustillante est le titre d’un film de Jiří Menzel, film sous le charme duquel j’ai trébuché. Moutarde sur le jambonneau d’ce bel ouvrage : les boucles en cascade de sa blonde héroïne, finalement tressées, tranchées et trimballées sur le porte-ramages de son vélo. Ma fascination pour les toisons sacrifiées n’est, en effet, plus qu’un secret d’polichinelle… dans le tiroir… dixit l’scénar ; – )

Ça craint?
Ça craint, je crois, mais n’le crin pas.

Place aux images:

Marja persuadant le coiffeur de lui couper ses très longs cheveux

Marja transportant sa chevelure coupée à l'arrière de son vélo

Chevelure coupée fixée au porte-bagages d'un vélo
Rendez-vous avant le mois prochain et d’ici là, (sup)portez-vous bien : – )

Détresse des tresses

Bucherons équipés de ciseaux dans une forêt de tresses

 ‘Her hair was quite wonderful, I never saw hair so magnificently thick and long when it was down about her shoulders; I have often placed my hands under it, and laughed with wonder at its weight. It was exquisitely fine and soft, and in colour a rich very dark brown, with something of gold. I loved to let it down, tumbling with its own weight, as, in her room, she lay back in her chair talking in her sweet low voice, I used to fold and braid it, and spread it out and play with it. Heavens! If I had but known all!’

Joseph SHERIDAN LE FANU, Carmilla

Sur l’image, une forêt en des tresses, en détresse comme toutes les forêts et comme ma fausse raie sur l’côté. C’est qu’il y a peu, j’ai fait couper court mes cheveux, des cheveux longs depuis longtemps et remontés en chignon, souvent. J’arbore depuis un casque brun, sculpté dans la masse, au poil pour affronter l’été et mon besoin d’être éditée.

Sera-ce assez ?

Aveiro, Douro, Minho… #2: Parure en cheveux du Museu Nacional de Soares dos Reis

Ma fascination pour les bijoux en cheveux ne dORt jamais que d’un œil et fait au réveil flèche de tout bois… ce verre de vin vert !

C’est un ORdre.

Dégustation de vin vert

Liège, la veille de mon aventure lusitanienne. Fignolant une illu, je prête une OReille distraite au Sense and Sensibility de Jane AUSTEN (ou comment les livres audio ont changé ma vie) quand soudain, j’entends Marianne parler d’une bague, de cheveux, enfin, d’une bague en cheveux :

She was sitting by Edward, and in taking his tea from Mrs. Dashwood, his hand passed so directly before her, as to make a ring, with a plait of hair in the centre, very conspicuous on one of his fingers.

“I never saw you wear a ring before, Edward,” she cried. “Is that Fanny’s hair? I remember her promising to give you some. But I should have thought her hair had been darker.”

Marianne spoke inconsiderately what she really felt—but when she saw how much she had pained Edward, her own vexation at her want of thought could not be surpassed by his. He coloured very deeply, and giving a momentary glance at Elinor, replied, “Yes; it is my sister’s hair. The setting always casts a different shade on it, you know.”

Elinor had met his eye, and looked conscious likewise. That the hair was her own, she instantaneously felt as well satisfied as Marianne; the only difference in their conclusions was, that what Marianne considered as a free gift from her sister, Elinor was conscious must have been procured by some theft or contrivance unknown to herself. She was not in a humour, however, to regard it as an affront, and affecting to take no notice of what passed, by instantly talking of something else, she internally resolved henceforward to catch every opportunity of eyeing the hair and of satisfying herself, beyond all doubt, that it was exactly the shade of her own.

Grosso modo, le timide Edward porte au doigt un bijou en cheveux, ceux de sa sœur, dit-il. Marianne et ElinOR font mine de le croire mais croient surtout reconnaitre une mèche des cheveux d’ElinOR et s’en réjouissent.

Bracelets en cheveux exposés au musée Soares dos Reis

Plus tard, Lucy confie à ElinOR être secrètement fiancée à Edward et lui apprend que les cheveux sertis sont les siens :

I gave him a lock of my hair set in a ring when he was at Longstaple last, and that was some comfort to him, he said, but not equal to a picture. Perhaps you might notice the ring when you saw him?”

“I did,” said Elinor, with a composure of voice, under which was concealed an emotion and distress beyond any thing she had ever felt before.

“Life isn’t f’hair”, songe alORs héhé ElinOR.

Parure en cheveux exposée au musée Soares dos Reis

PorTO, une chaude journée de printemps. Papillonnant de vitrines en tableaux, je tombe nez-à-nez, fascinée, avec les bracelets en cheveux ici photographiés. Ils sont faits de citrine, de cheveux et d’OR, sont exposés au Museu Nacional de Soares dos Reis et je puis d’ORes et déjà l’écrire :

Je les adORe ; – )